Je suis retournée voir le gynécologue, cette fois-ci avec Julien. Me concernant, le médecin n'a fait que confirmer ce que je savais déjà :
« A la lecture de vos résultats, votre réserve ovarienne est en-dessous de la moyenne
- C'est ce que j'ai cru comprendre
- C'est lié à l'âge ?
- Oui effectivement
- Il semblerait que vous ayiez également de l'endométriose, voir de l'adénomyose
- Oui elle est revenue on dirait. Cette endométriose ne me lâchera décidément jamais
- On va trouver une solution, ne vous inquiétez pas
- Quant à vous monsieur, vos spermatozoïdes ne sont pas assez mobiles. Un très grand nombre d'entre eux sont également atypiques ».
Je reste bouche bée, Julien ne dit pas un mot non plus. Je renchéris alors :
« Qu'est ce que cela veut dire pas assez mobiles ?
- Quand ils ne sont pas suffisamment mobiles, les spermatozoïdes ne peuvent pas migrer du vagin vers la trompe pour y féconder l'ovocyte ».
« Vous disiez également qu'ils étaient atypiques, vous pouvez m'expliquer, lui demande Julien ?
- Ils présentent des anomalies, ce qui fait que leur pouvoir fécondant est altéré ».
Je regarde Julien, abasourdi par ce qu'il vient d'entendre. Ça commence à faire beaucoup tout cela...
« Si je comprends bien on a tous les 2 des soucis. Que peut-on faire pour remédier à tout cela ?, lui dis-je alors
- Je peux vous opérer une nouvelle fois pour enlever votre endométriose
- Et que se passe-t-il ensuite, demande Julien ?
- Après cette intervention, je préfère vous laisser encore un peu de temps pour essayer d'avoir un enfant naturellement
- Pas trop longtemps j'imagine ?
- Disons que si rien ne se passe dans les mois qui suivent, nous pourrons alors envisager d'avoir recours à la procréation médicalement assistée. Mais je préfère vous emmener dans cette voie là, dans un second temps
- Ah oui ? Et pourquoi ? »
Réponse du gynécologue :
« Parce qu'ils vont vous engraisser comme une truie ».
Je tiens à préciser qu'il s'agit bien les mots employés par le gynécologue ce jour-là.
« Ok on va réfléchir, dit-alors Julien
- Une fois que vous aurez pris votre décision, n'hésitez pas à revenir vers moi
- Oui car je ne peux pas me décider comme cela
- Prenez votre temps, c'est normal, nous répond le médecin ».
Sur le chemin du retour, nous sommes abattus :
« Ça va être difficile, Julien. Il nous l'a confirmé, j'ai des problèmes et toi aussi visiblement. Il n'y en a pas un pour aider l'autre
- Je ne pensais pas que j'aurai un problème
- Moi non plus, d'autant plus que tu es plus jeune que moi. Tu n'as que 37 ans. C'est quand même fou...
- Ecoute, ne t'affole pas
- Franchement je ne suis pas sereine. Si on a tous les 2 un problème, je comprends mieux pourquoi cela ne marche pas. On peut l'attendre encore longtemps cet enfant, il ne risque pas de pointer le bout de son nez. Est-ce que cette opération est vraiment nécessaire ? Je ne veux pas passer sur le billard
- Pourquoi est-ce qu'on ne demanderait pas un autre avis ?
- Tu as raison, je n'y avais pas pensé
- Mieux vaut voir un autre médecin. Cela nous permettra d'être fixés
- On peut faire cela
- S'il te dit la même chose, il faudra alors peut-être envisager de t'opérer. Voyons un autre médecin
- Ok
- Et surtout Camille restons positifs, on va y arriver ne t'inquiète pas ».
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AléatoireJe m'appelle Camille et en août 2015 à 41 ans, j'apprends que je suis atteinte d'un cancer du sein agressif de grade 3, un cancer que l'on ne savait pas soigner il y a 15 ans. Cette maladie je vais devoir la combattre avec des traitements lourds dur...