-23 novembre 1642-
La lumière filtre à travers les rideaux.
Je me réveille doucement et me rendors en roulant vers Edward.
Mais il n'est pas là. J'ouvre immédiatement les yeux.
Personne dans la chambre...
Je tâte sa place, froide. Il est parti depuis longtemps.
Mais où est-il passé ?!
Je me lève et m'habille rapidement. Je tresse mes cheveux.
Et descends le plus vite possible.
Tellement que je me cogne à quelqu'un.
C'est Jon.
- Majesté, dit-il en se penchant vers l'avant, excusez-moi.
- Jon ! Vous tombez bien ! Dites-moi où est Edward ? J'ai un mauvais pressentiment.
- Edward ?! bredouille-t-il.
- Oui !!
- Heu... il ne vous a pas dit...
- Visiblement pas, non !
- Il... il est parti très tôt ce matin.
- Mais où ?!
- A la frontière suédoise...
- I-il est parti... pour combien de temps ?
- Quelques jours, dit-il, hésitant.
- Soyez sincère avec moi, je vous prie..., je souffle, désespérée.
- Franchement ? Je ne dirai pas avant trois mois... Je suis désolé, majesté.
- Mais... p-pourquoi ne m'a-t-il pas prévenu...
- Peut-être parce qu'il avait conscience que vous ne l'auriez jamais laissé partir.
Je m'éloigne, titubante. Ma vision est brouillée par mes larmes que je m'efforce de retenir...
Je m'enfuie, en courant dans les jardins, habillée de la plus simple des manières, une chemise de nuit. Les plantes griffent mes mollets, à mon passage, mais je n'en prends pas compte et continue à avancer jusqu'à me retrouver tout au fond. Je m'assieds à l'ombre d'un arbre et pleure. Je tripote le porte-bonheur que m'avait offert Léonard. Je le garde depuis ma première arrivée, ici.
Je voulais le lui dire mais je n'en ai pas eu l'occasion. Il me hait.
Mes larmes coulent sans fin...
Edward m'a pris ce que j'avais de plus précieux et est parti. Il ne m'en a même pas parlé. Il s'est enfui alors même que la nuit n'était pas finie. Alors même que je ne lui avais pas dit au revoir.
Alors même que je ne l'avais pas embrassé une dernière fois.
Alors même que je dormais. A-t-il connaissance de la douleur qu'il m'inflige ? S'est-il demandé, une seule fois, s'il ne manquerait à personne au château ? Toutes mes questions restent sans réponse. Je ne sais qu'une chose :
il m'a laissée, là, le lendemain de notre mariage.
Je vois Simon arriver en courant. Je sèche, automatiquement, mes larmes.
- Eléonore ? Que se passe-t-il ?
- Rien, pourquoi ? je demande d'un ton que je désire le plus impassible possible.
- Un garde m'a dit que tu étais partie en pleurant, murmure-t-il en s'asseyant à côté de moi.
- Non... je ne pleurais pas. Il a dû se tromper.
- Arrête de me prendre pour un imbécile ! Je peux parfaitement comprendre. Je sais que... je sais que je n'ai pas été un grand frère idéal.
Je n'ai pas été assez aimant, compréhensif, attentionné, doux ou encore gentil... Et même, la liste est plus longue. Donc laisse-moi t'aider, une fois... Que je puisse mériter, ne serait-ce qu'un tout petit peu, le titre de grand frère... Tu es ma petite soeur, Eléonore.
Tu ne sais pas à quel point je veux que tu sois heureuse...
À ces mots, toutes mes barrières tombent et je fonds en larmes.
- Il est parti... il me laisse toute seule...
Il m'abandonne ! Simon... je viens d'être quittée alors qu'encore hier, on fêtait notre union...
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Secrets Royaux
Fiction HistoriqueFrance, 1642. Le royaume fait faillite à cause d'une guerre perdue... À cette époque, les mariages arrangés sont de coutume alors c'est la solution que l'on juge la plus raisonnable pour sauver la France. C'est malheureusement la cadette de la fami...
