-17 mars 1644-
Je me réveille de bonne heure, ce matin. Depuis quelques jours, j'ai suivi les conseils que m'a donnés Simon. J'essaye de paraître en pleine forme... Mais Aréna est devenue une vipère et je l'entends souvent marmonner des idioties à ses amies quand j'entre dans une pièce et ces dernières se mettent généralement à glousser. Elle me lance régulièrement des regards noirs.
Je souris en observant la grande fontaine. Je suis dans le jardin. Il fait froid mais je me suis couverte. Je soupire d'aise et fredonne un air qui me passe par la tête tandis que je joue doucement avec mes filles sous le soleil de mars.
Une bourrasque de vent me rappelle que nous sommes encore en hiver et je me décide à rentrer et les replace dans des grosses et épaisses couvertures.
Je redescends manger dans la grande salle. Quand j'arrive, les regards se posent automatiquement sur moi. Aréna m'observe avec dégoût, elle se remet rapidement à manger. Je baisse les yeux et m'assieds discrètement à côté de Léonard.
Il me sourit gentiment et tente d'engager une conversation :
- Te sens-tu mieux maintenant ?
Je souris timidement. Il est vrai que mon changement soudain d'humeur quotidienne a été remarqué et que certains me posent des questions à ce sujet. Je me saisis de mes couverts et lui adresse un regard tendre.
- Je me sens... différente ? J'ignore si c'est le mot, mais il est vrai que je me sens mieux. J'ai l'impression que l'on m'a retiré un poids du corps. Et... toi ?
- Moi ? répète-t-il, étonné.
- Oui, enfin je te demande cela comme je te demanderais si tu vas bien.
- Ah, sourit-il, oui je suis assez heureux de la vie que je mène. Mais, à vrai dire, je m'inquiète beaucoup pour Isabelle.
Je soupire. Elle n'a pas donné de nouvelles depuis qu'elle est repartie après le bal.
- Elle voulait paraître heureuse, continue-t-il. Mais je vois très bien qu'elle est dans un piètre état... Serais-tu au courant de quelque chose ? demande-t-il, désespéré.
- Je... Non, je ne suis au courant de rien, mens-je aussi triste que lui.
Je lui ai promis...
- Tu me le dirais si tu savais, hein ?!
- Évidemment ! dis-je lamentablement.
Je détourne le regard car je ne supporte plus son regard insistant. Mes yeux croisent alors ceux d'Eric qui me lance un regard aguicheur.
Je me dépêche de finir mon repas pour me retirer le plus rapidement possible. Je laisse mes pas m'éloigner de cet homme et me retrouve dans la bibliothèque.
Absorbée par un livre, je ne vois pas l'heure passer et une servante vient me trouver.
- Madame, sa majesté Simon vous attend. Le repas est servi.
Déjà ?! Je referme mon livre et éteint ma bougie en frissonnant.
Je vais dans la grande salle. Avant d'entrer, je prends une posture élégante et ordonne aux gardes d'ouvrir les portes.
J'entre et personne ne fait de commentaire. Personne ne me remarque d'ailleurs...
Je m'assieds et attends que tout le monde soit assis pour commencer à manger. Simon me murmure quelque chose à l'oreille :
- Rejoins-moi dans les jardins après le dîner.
J'acquiesce et tente de participer à la conversation des membres du repas. En apercevant Aréna chuchoter des choses auprès de ses amies en me regardant, je me redresse.
- Que pouvez-vous dire, ma chère Reine, sur moi qui puisse être plus intéressant que la conversation principale ?
Simon me foudroie du regard et m'ordonne silencieusement de me taire. Furieuse, je détourne le regard et tente tant bien que mal de garder fière allure.
Aréna, surprise, cherche du soutien du côté de ses amies mais ces dernières se sont vite mises à l'écart de cette discussion qui va sûrement mal finir. Comprenant qu'elle ne recevrait d'aide de personne, elle se tourne vers moi, avec un regard menaçant.
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Secrets Royaux
Historical FictionFrance, 1642. Le royaume fait faillite à cause d'une guerre perdue... À cette époque, les mariages arrangés sont de coutume alors c'est la solution que l'on juge la plus raisonnable pour sauver la France. C'est malheureusement la cadette de la fami...
