-10 août 1643-
Elle panique. S'approche de moi. Puis recule.
- Votre altesse, ne me prenez pas pour une folle ! Je... ils étaient détestables ! Horribles ! Ils me maltraitaient, me battaient ! Je vous en prie, ne dites rien...
Je la regarde, déboussolée.
- Bien sûr que je ne dirai rien... Comment avez-vous fait pour les tuer sans que personne ne s'en rende compte ?
- J'avais onze ans... Quand j'ai compris que ce que je subissais n'était pas normal. Je leur en ai parlé. Je leur ai dit d'arrêter ce qu'ils me faisaient... Mais ils se sont moqués de moi et m'ont traitée de tous les noms. Ce soir, j'ai décidé de me venger. Je les ai poignardés dans leur sommeil. L'orphelinat a rapidement compris ce qu'il s'était passé mais quand je leur ai expliqué ma motivation, ils ont décidé de se taire à ce sujet.
Puis... J'ai été appelée pour m'occuper de vous, en tant que dame de compagnie.
- Merci de t'être confiée. Je te comprends... Parfois, quand la liberté des uns empiètent sur la tienne, il faut leur faire comprendre qu'ils n'ont pas le droit, dis-je en repensant à l'ancienne Reine Ingrid.
- Merci... J'avais peur d'être mise à mort pour le meurtre de mes parents..., avoue-t-elle, inquiète.
Je lui souris. Même si j'ai, en face de moi, une meurtrière, je ne peux m'empêcher d'être compréhensive.
De toute manière, j'ai bien épousé un homme qui possède des milliers de meurtres sur la conscience.
Alors, au point où j'en suis...
On va finir par s'en sortir.
Je regarde mon ventre... Je le protégerai. Mes larmes ont séché et je me rends sur ma coiffeuse pour me poudrer le nez.
Je me regarde dans la glace.
Ma cicatrice, sur mon cou, ne se voit presque plus mais je sais qu'elle restera visible. Je me remaquille rapidement et descends les escaliers avec Laure.
J'aperçois Edward et me précipite vers lui.
- Edward ! Qu'est-ce que tu vas faire, alors ?
- J'ai envoyé des armées les repousser... Je ne pense, sincèrement, pas qu'elles y arriveront mais au moins ça les ralentit... Les villageois sont terrés chez eux et ne sortent plus.
- Je pourrais aller les voir et les rassurer...
- Certainement pas !
Je sais qu'il a raison mais je me sens inutile... J'aimerais rendre service mais je ne suis bonne à rien, depuis que j'ai un énorme ventre.
-14 août 1643-
Je rejoins Edward dans ses bureaux. J'ai besoin d'être au courant des dernières nouvelles.
Je toque.
- Entrez !
J'entre et quand il me voit, il pousse un long soupir.
- Eléonore ! J'avais demandé à ce que tu restes au lit ! Tu te fatigues inutilement...
- Je... j'aimerais savoir où en sont les Suédois...
- Ils arrivent au château, bientôt...
Mes armées ne sont pas parvenues à les arrêter... Je ne sais plus ce que je dois faire.
- Il faut qu'on s'en aille.
- Mais, où ?!
- En France !
- On ne peut pas... Tu vas bientôt accoucher. Si tu accouches dans un carrosse, tu risques de mourir...
Tu partiras d'ici, une fois que le bébé sera né !
J'ai envie de riposter mais je sais que ce serait vain. Il aura toujours raison quoi que je dise...
Alors, dépitée, je sors et vais me réfugier dans ma chambre en tenant mon ventre, fermement.
J'ai simplement besoin d'affection.
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Secrets Royaux
Historical FictionFrance, 1642. Le royaume fait faillite à cause d'une guerre perdue... À cette époque, les mariages arrangés sont de coutume alors c'est la solution que l'on juge la plus raisonnable pour sauver la France. C'est malheureusement la cadette de la fami...
