-18 mars 1644-
- Simon, je te prie d'excuser mon comportement hier, je murmure. J'ai agis comme la dernière des garces et je m'en veux terriblement. Mais... Est-ce vrai ? N'as-tu jamais aimé Aréna ?
Je suis assise sur mon lit, Astrid dans les bras. Je coiffe ses petits cheveux blonds. Il me regarde durement et prend place dans un fauteuil.
- Ne veux-tu pas te taire, Eléonore ?!
Je baisse la tête, comprenant que la réponse était évidente. Je soupire tandis qu'il se racle la gorge.
- J'ai... réfléchi à ta proposition de l'autre soir.
- Et ? dis-je, hésitante.
- J'accepte.
- Merci. Je te remercie mille fois ! je m'écrie.
- J'ai reçu l'aide d'Isabelle, son mari, le frère du Roi et dirigeant des armées italiennes, a accepté de m'envoyer des troupes de guerriers...
- Tu as eu des nouvelles d'Isabelle ? Elle va bien ?
- Oui, il parait qu'elle se porte comme un charme. J'ai lu dans sa lettre qu'elle s'épanouit dans leur palais et qu'elle continue la peinture avec toujours autant de passion.
- Fort bien..., dis-je, rassurée.
Ou alors mentirait-elle ?
- C'est tellement gentil de sa part d'avoir demandé de l'aide à son mari pour moi...
- Oui ! Estime toi heureuse car sans elle, tu ne serais déjà plus dans ce château, mais dans une demeure ravissante avec un homme à tes côtés.
- Jamais !
Ma porte claque et nous sursautons en même temps. Astrid lève vers moi un regard apeuré. Je la tiens contre moi et ma mère en chemise de nuit entre dans ma chambre.
- Oh mère, ce n'est que vous, chuchote Simon. Vous nous avez fait une de ces peurs !
Ma mère fait une moue de surprise en voyant les deux petites têtes de mes filles dans la pièce. D'ailleurs, ces deux dernières se mettent à hurler.
- Voyez ce que vous faites, mère ! Elles sont terrorisées !
- Je les avais..., murmure-t-elle. Mais c'est tout bonnement impossible...
- Quoi ? Que se passe-t-il ? demande mon frère.
- Mais... je..., poursuit ma mère.
Elle tremble et se mord la lèvre. Je regarde Simon, impuissante alors qu'il vient doucement lui prendre le bras.
Elle s'effondre alors au sol en se tenant la tête. Je dépose Astrid sur un tapis à côté de sa soeur et accours près d'elle.
- Que disiez-vous, mère ?! Je vous en prie, calmez-vous !
- Je... je ne sais plus ce que je disais..., murmure-t-elle. J'ai oublié... Et j'ai très mal au crâne.
Des veines font des bosses sur son front et ses cheveux en bataille s'aplatissent contre ses tempes en sueur. Simon siffle quelques prières et s'agenouille près d'elle. Elle se met à pleurer en se saisissant plus fortement le crâne.
J'appelle des servantes qui la ramènent dans sa chambre et un médecin arrive.
Je ressors de sa chambre avec Simon et Léonard.
- Notre mère se fait vieille, dit subitement Simon.
- Ce n'est pas une question de vieillesse, Simon, intervient Léonard. Elle devient folle ! Elle vient de nous faire une crise de démence ! Admets-le, enfin ! Un jour, elle commettra une faute grave et là, tu ne pourras pas mettre cela sur le compte de la vieillesse... La pauvre...
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Secrets Royaux
Fiksi SejarahFrance, 1642. Le royaume fait faillite à cause d'une guerre perdue... À cette époque, les mariages arrangés sont de coutume alors c'est la solution que l'on juge la plus raisonnable pour sauver la France. C'est malheureusement la cadette de la fami...
