-20 novembre 1645-
- Pour quelle raison ne m'a-t-on pas prévenu plus tôt ?! lance Edward, visiblement très en colère. Avertissez les gardes et les servantes, j'exige que tout le château soit près dans une minute pour les accueillir !
- B-bien, votre majesté, bredouille-t-il en s'empressant d'obéir aux ordres.
- Ne les faisons pas patienter plus longtemps, dis-je en me tournant lentement vers Edward. Le château sera prêt lorsqu'il sera prêt mais nous ne pouvons pas nous permettre d'être en retard et de les laisser patienter par ce froid.
- Certainement..., marmonne-t-il. Je crains qu'il ne soit trop tard pour repousser ces retrouvailles.
- Il s'agit tout de même de ta sœur, je ne saisis pas pourquoi tu appréhendes tant cet instant.
- Ils ont une armée, Eléonore, soupire-t-il pendant que je me munis d'une cape épaisse.
Je souffle énergiquement et l'entraîne vers les escaliers. Nous descendons les marches hâtivement et atteignons les grandes portes. Une rangée de gardes est déjà présente à l'intérieur et à l'extérieur du château. Je sens mon époux frémir près de moi tandis qu'il prononce ces paroles :
- Ouvrez les portes !
Mes muscles se tendent alors que nous découvrons un fiacre majestueux et luxueux dans la cour accompagné de grands chevaux noirs montés par des gardes haut gradés et des conseillers impériaux. Edward s'éloigne de moi en passant les grandes portes. Je fais de même et arrive à sa hauteur. Quelques gardes s'approchent du carrosse et en ouvrent les portières en dépliant les étroites marches juste au-dessous. L'impératrice descend alors de la voiture en observant lentement chaque détail du palais, un mince sourire se dessinant sur ses lèvres.
- Sa majesté impériale, Olea Romanov, tsarine de Russie, déclare alors l'un de ses gardes.
Je la fixe s'avancer vers nous, le menton fièrement levé et ses mains soutenant sa robe avec grâce. Sa ressemblance avec sa mère me frappe alors et je me sens pâlir. Son regard et son sourire semblent les mêmes que ceux dont sa mère jouissait. Sa peau aussi blanche et ses cheveux aussi noirs que ceux de sa mère me laissent secouée.
- Edward, sourit-elle finalement en lui tendant sa main. Que d'années passées en ton absence...
Il la porte à ses lèvres en soutenant son regard, d'une manière désinvolte. Satisfaite, elle retire brusquement sa main avant de s'approcher de moi. J'incline ma tête respectueusement, m'attendant à ce qu'elle fasse de même mais elle me fixe en étirant ses lèvres étrangement.
- Eléonore Andersen, reine de-
- Je sais, me coupe-t-elle me rappelant la jeune Stine insolente. Quant à moi, il me semble avoir déjà été présentée.
- Où est l'empereur ? articule mon époux d'un ton égal.
- Ai-je signifié dans ma lettre qu'il m'accompagnait ? susurre-t-elle en penchant sa tête d'un air faussement étonné.
- Vous l'avez fait, marmonne Edward froidement.
- J'ai dû me tromper, sourit-elle, car il ne viendra pas.
- Bien, lâche mon époux sans se laisser troubler par son assurance presque autoritaire. Dans ce cas, je vous invite à me suivre.
Il la regarde froidement avant de se reculer et de s'éloigner d'une démarche ferme. Elle m'offre un mince sourire en coin en le suivant, résignée. Je me dirige vers un commandant, la tête haute.
- Halstein, j'aimerais que l'armée de l'impératrice soit très bien accueillie et que leurs chevaux bénéficient des meilleurs traitements que nos écuries peuvent le permettre. La tsarine dînera avec sa majesté et moi, ce soir, ainsi que les hauts responsables de son armée. Ai-je bien été claire ? je marmonne en croisant son regard gris.
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Secrets Royaux
Historical FictionFrance, 1642. Le royaume fait faillite à cause d'une guerre perdue... À cette époque, les mariages arrangés sont de coutume alors c'est la solution que l'on juge la plus raisonnable pour sauver la France. C'est malheureusement la cadette de la fami...
