" Petite chose inoffensive "

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-2 mai 1647-

Pendant la dernière semaine, j'ai été transportée dans une charrette sur les petits chemins pierreux entre la vie et la mort à demi éveillée... Je suis rentrée au château pendant la nuit, toujours frissonnante, j'avais terriblement peur.

Les médecins royaux ont fait du mieux qu'ils pouvaient et ça a l'air d'avoir fonctionné. J'ai toujours très mal mais d'ici quelques mois, ma blessure devrait avoir cicatrisée.

Je me réveille la nuit en hurlant car j'ai l'impression qu'on me déchire le cou, toutes les servantes s'affolent...

C'est la nuit et je descends pour rendre visite à la Reine car elle m'a permis d'entrer dans sa chambre quand je n'arrive pas à me rendormir et on joue souvent aux échecs. J'ai été ravie car les échecs sont un jeu que j'aimais beaucoup, étant enfant, mais l'on jugeait inconvenable qu'une princesse joue à ce genre de jeu...

Je parle le moins possible car ma gorge me fait mal.

Avant d'entrer je veux toquer mais j'entends la Reine parler avec l'une de ses cousines :

- C'est normal, elle a été traumatisée cette pauvre enfant, dit la Reine.

- Votre fils s'apprête à épouser une femme dépressive, vieille avant l'âge.

- Laissez-la, elle n'a pas ses repères, elle est perdue la pauvre...

- Si vous la voyiez dans le Boudoir, à broder sans cesse à longueur de journée, on lui pose une question elle hoche la tête sans même vous regarder. Le prince qui aime les jeunes femmes joyeuses et pleine de vivacité et d'esprit sera malheureux avec cette fille. Et si le prince la rejette, qui l'aimera à la Cour, moi je vous le dis, personne !

- Cessez cela, mon fils m'a demandé une femme et il en a une, fin de l'histoire !

- Votre fils veut une femme uniquement pour monter sur le trône.

- Donc qu'est-ce que ça peut lui faire qu'elle soit renfermée, rien, puisque il ne l'aime pas !

- Et il s'empressera de chercher d'autres femmes qui sauront le combler, vous n'aimez pas les batards, fils de Roi, n'est-ce pas Ingrid ?

- Je ne les aime pas vous avez raison, mais ce n'est pas pour autant que je tuerais les batards de mon fils, je... Je crois qu'on nous écoute !

Je retourne brusquement dans ma chambre, pieds nus et cheveux au vent.

Je tombe nez à nez avec Jon, je suis très gênée étant donné que je suis en chemise de nuit un peu transparente.

- Pardon...

- Où courez-vous à cette heure si tardive ?

- Heu... et vous que faites-vous là ?

- J'exécute ma ronde, à la demande de la Reine, madame. Et vous que faisiez-vous là ?

- Je n'ai pas à me justifier, dis-je sur un ton plus sec que je ne le voulais.

- C'est mon travail de vous garder en bon état et de vous protéger, madame.

- Votre travail ne sert pas beaucoup alors, regardez où j'en suis, dis-je en pointant du doigt ma blessure au cou. D'ailleurs, depuis quand le prince vous autorise à me parler ?

- Depuis que vous êtes revenue ici, au château, il estime que ça n'a plus d'importance qu'il ait de femme ou non.

- Pourquoi depuis que je suis revenue au château ? j'articule difficilement.

- Oh... cela... je... je ne suis pas sûr que... c'est à lui de vous en parler ! Allez vous recoucher, vous m'avez l'air vraiment pas bien, là.

- Je n'ai d'ordre à recevoir de... de personne, dis-je avec difficulté.

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