Horrifiée, Ceres se tenait devant la fenêtre de sa chambre, qui donnait sur Delos. L'horizon était plein d'une fumée noire et putride qui s'élevait des maisons en feu. Des cris de douleur inexprimable remontaient jusqu'à sa tour et des familles avec des enfants en bas âge se précipitaient dans la rue d'en dessous, le visage assombri par la panique.
Pendant la plus grande partie de l'heure d'avant, elle n'avait fait que pleurer, pleurer pour son peuple, pleurer pour ses amis, pleurer pour ses frères qui étaient peut-être morts. Et Rexus ? C'était plus qu'elle ne pouvait en supporter.
Incapable d'assister plus longtemps au déroulement des atrocités, elle se dirigea vers le lit et s'y assit. Cependant, rien qu'un moment plus tard, elle ne put s'empêcher de revenir à la fenêtre en se disant que, si elle n'y restait pas, elle trahirait son peuple d'une façon ou d'une autre.
Pour ça ? C'était pour ça que Thanos se battait ? Elle était aussi en colère contre lui que quand il était parti. Il l'avait d'une façon ou d'une autre conquise, avait sournoisement conquis son cœur, l'avait poussée à l'aimer. Elle avait espéré qu'il serait différent de tous les autres membres de la famille royale, cupides, avides de pouvoir, mais, finalement, il était semblable à eux et choisissait de se battre pour l'inégalité et l'injustice qui maudissaient cette terre.
On frappa à la porte et Anka alla ouvrir.
A la grande surprise de Ceres et à sa grande irritation, Thanos entra.
“Puis-je te parler en privé ?” demanda-t-il.
“Non”, dit Ceres en regardant à nouveau par la fenêtre.
“S'il te plaît. C'est de la plus grande importance”, dit-il.
Après quelques moments d'hésitation, Ceres fit un signe de tête à Anka et la jeune fille partit en fermant la porte derrière elle.
Ceres resta à côté de la fenêtre, inflexible, le regard encore fixé sur la rue d'en dessous.
“Ceres”, dit Thanos.
Refusant de se tourner vers lui, elle continua à regarder par la fenêtre.
“Que veux-tu ?” demanda-t-elle.
“Je comprends que tu m'en veux encore pour être parti à la guerre et je me souviens que tu as dit que tu ne voudrais plus jamais m'adresser la parole. Cela dit, pourrions-nous mettre nos désaccords de côté juste quelques minutes ?” dit-il.
Elle lui jeta un coup d’œil en réfléchissant à ses paroles.
“Il y a quelque chose d'important dont il faut que je discute avec toi”, dit-il. “Ce que j'ai à dire peut sauver de nombreuses vies.”
“D'accord”, dit-elle.
Elle se dirigea vers sa chaise devant la cheminée et s'assit. Il la suivit et s'assit juste en face d'elle.
Elle voyait qu'il était anxieux, que ses yeux bougeaient nerveusement comme s'il réfléchissait prudemment à ce qu'il devait dire, mais cela ne diminuait pas sa colère envers lui; elle ne pouvait simplement pas oublier que, quand il était parti se battre, il l'avait anéantie et avait détruit toute la confiance qu'ils avaient eue l'un pour l'autre.
“Alors ?” dit-elle quand il eut passé un moment sans dire mot.
“J'ai besoin que tu m'écoutes avec ouverture d'esprit”, dit-il, “et aussi le cœur ouvert.”
Elle le regarda fixement.
“Je sors d'une réunion avec le roi et la reine et ils pensent qu'il existe un moyen de mettre fin à tout le conflit.”
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La Cité De Délos(Tome 1)
FanfictionCeres,17 ans, fille pauvre et belle de Delos, cité de l'Empire, mène la vie dure et impitoyable d'une roturière. Le jour, elle livre les armes forgées par son père au terrain d'entraînement du palais, et la nuit, elle s'entraîne secrètement avec eux...
