Chapitre 20

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Victoria

Les dîners chez la famille Stone sont habituellement exaspérants mais le dîner de ce soir est bien l'un des pire repas auxquelles j'ai dû assister.

Il m'a menti.

Jane et lui devrait être séparé depuis plusieurs semaines.

Donc quoi, il avait le droit de me cacher qu'il était encore en couple ?
Je ne devrais rien dire après avoir découvert ça ?

Diana m'avais convaincu d'arranger les choses avec William mais je préfère tout laisser tomber maintenant.

Je le déteste.

William Emerson n'existe plus pour moi à partir de ce soir.

J'aimerais me défouler sur mon repas mais Roma a décider de préparer du saumon. Le poisson et trop tendre pour que je puisse faire grincer ma fourchette sur la porcelaine de l'assiette.

Alors, je me tais en écoutant d'une oreille leurs conversations d'hypocrites.

— Bien sur, vous avez totalement raison. Monsieur Adams est un avocat incompétent, déclare la blonde.

— Il ne mérite en aucun cas ce prix, termine mon père.

Mes yeux ne peuvent s'empêcher de loucher sur mon professeur assis à côté de sa copine.
Il paraît mal à l'aise et c'est assez compréhensible qu'il le soit.

Je me concentre sur mon assiette remplis de riz blanc et le pavé de saumon auxquelles je n'arrive pas à toucher.

— Felicity étudie le droit à l'université d'Oxford. Elle sera dans quelques années la meilleure avocate de Londres, annonce la voix aiguë de ma génitrice.

Mes doigts serrent le verre d'eau dans ma main avant de prendre une gorgée du liquide frais.

— C'est merveilleux ! En plus d'être jeune et belle elle auras le soutien de son père qui est LE meilleur dans son domaine. Sans te lancer des roses Henry, répond Jane en finissant sa phrase par un rire strident.

Tous rit autour de la table tandis que je titube nerveusement mes doigts poser sur mes cuisses.

Je voudrais partir d'ici.

Ces personnes sont tous les déclencheurs de mon mal être.
Tous.

Et toi, que fait tu dans la vie ? Demande la blonde en me regardant.

Je me retiens de froncer les sourcils devant son regard étrangement intriguée.

— Victoria et encore lycéenne, répond ma mère à ma place.

— Oh, les belles années de lycée !

Elle frappe exagérément dans ses mains puis commence à lancer une nouvelle conversation en racontant ses études.

Les invitées mes parents et ma soeur termine le dîner dans le salon avec un verre de champagne.
Je profite de leur départ de la salle à manger pour rejoindre la cuisine ou je retrouve Gus.

Je soupire et m'affale sur un tabouret haut autour de l'îlot central.

Gus mord dans un sandwich au jambon cru tout en me questionnant du regard.
Il ne détourne pas les yeux de ma personne.

— Je suis un homme assez âgé et je te connais comme ma poche.

— Et donc ? Marmonne-je.

— C'est l'homme qui était venu te retrouver au parc, lance-t-il.

Ma tête se lève automatiquement pour remarquer son sourire effronté.

— C'est le frère de Diana.

— Et c'est aussi ton professeur de littérature.

— Comment le sais-tu ? Demande-je sidérée.

— Je te connais comme ma poche, répète-t-il.

Un sourire lève le coin de mes lèvres.
Savoir que William est encore dans la pièce d'a coté me fait mal au coeur.

C'est impossible pour moi d'ignorer mes sentiments pour cet homme.
Finalement c'est peut-être mieux ainsi que nous soyons séparés l'un de l'autre.
Ça me permettra de l'oublier.

— Tu l'aime bien ? Me questionne Gus dans un murmure.

J'hausse les épaules ne sachant pas quoi répondre.

— Comme une élève aime son professeur.

Gustave explose de rire avant de prendre une gorgée de son soda sans sucre.
Je fronce les sourcils.

Il pose la canette, son air amuser me lorgne de longues secondes avant de parler a nouveau.

— Tu sais, les regards ne trompe pas. La soirée au parc, cet homme te contempler tout le temps. Je me suis poser des questions mais après ce soir la, je t'es trouver épanouie alors je t'es suivi.

— Tu m'as suivi ?! M'étonne-je.

— Je t'es vue entrer dans un immeuble seule et une dizaine de minutes plus tard, l'invité qui ce trouve dans la salle à manger y est entrer lui aussi, continue-t-il en ignorant mon commentaire.

— Ça ne prouve rien. Monsieur Emerson est le frère de Diana donc-

— Tori, arrête d'essayer de trouver des excuses. J'ai compris que vous étiez amant, me coupe-t-il.

Je baisse les yeux en louchant sur mes mains poser sur la table.
Le regard de Gus me scrute en silence.

— Nous ne le sommes plus, marmonne-je tristement.

Mon ami est étonné de mon aveux soudain. Je me rend compte qu'il est encore là et que je viens clairement de lui avouer qu'il avait raison.

Je tourne la tête vers la porte qui sépare la cuisine à la salle à manger lorsque j'entends le rire strident de Jane résonner jusqu'à nous.

— Tori, cet homme n'est pas fait pour toi.

Cette phrase résonne dans ma tête.
Je secoue la tête.

— C'est moi qui n'est pas faite pour lui.

Gus me lorgne plein de compassion. Il me suit du regard alors que je quitte la cuisine pour grimper l'étage qui mène à ma chambre.

La solitude ne me lâchera jamais.

Je m'endors le coeur lourd.

VICTORIA Où les histoires vivent. Découvrez maintenant