Durant la nuit qui avait suivi cette impudique soirée, mon sommeil avait été à nouveau troublé par le rêve du paon. Cette fois encore, l'oiseau splendide s'était posé sur moi et avait illuminé la chambre de toute la puissance de ses couleurs. Et puis l'image du paon s'était atténuée, puis effacée, et avait été remplacée par celle d'Axel, dont le bleu des yeux correspondait à la perfection à celui du plumage de la créature.
Les découvertes et les événements de la journée se mélangeaient, se superposaient pour créer des illusions qui me semblaient étrangement palpables. L'exposé du Professeur Brunelli et les symboles du paon, l'érotisme débridé de la séance avec Axel, la maison Denicourt, et même le film de vampires coréen.
Dans mes divagations oniriques, j'avais vu mon amant virtuel s'approcher du lit. Je le rêvais vêtu d'une tenue 1900, costume trois pièces sombre, chemise blanche à col montant, large cravate noire. Il portait même des gants blancs et une canne dont le pommeau était sculpté en forme de paon. Le parfait dandy venu visiter une des courtisanes de la maison de plaisirs. Je l'avais ensuite imaginé se penchant sur moi, endormie dans mon rêve, et un peu comme un vampire de film d'épouvante, il mordait doucement mon cou, presque amoureusement, et s'abreuvait goulûment du sang puisé dans ma veine jugulaire. Loin de provoquer un soubresaut d'horreur, cet assaut vampirique me plongeait au contraire dans un état de volupté tout aussi paradoxal que délicieux. Au moment où le plaisir allait atteindre son paroxysme, j'avais, comme dans notre conversation indécente, demandé à mon vampire l'autorisation de m'abandonner à la jouissance. Il s'était alors retiré, et avait essuyé avec sa main gantée une goûte de sang qui perlait au coin de ses lèvres. Il avait retiré ce gant souillé et de ses doigts dénudés, il m'avait pénétrée pour m'amener à l'orgasme libérateur.
J'étais frappée par la force érotique que produisait sur moi cet étrange tchatteur. Il provoquait dans mon inconscient un effet de lascivité tel que j'en avais presque honte. Le rêve était encore si prégnant qu'au réveil, je sentais une légère démangeaison dans mon cou, à l'endroit où les deux canines pointues avaient aspiré mon sang.
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Le clavier vampire
Paranormal" Qu'est-ce que tu es ? - Je suis ce que je suis." Fantastique et érotisme, histoire et secrets, se croisent dans le récit vénéneux d'un amour incandescent, où rêves et réalité se chevauchent dans une atmosphère de fièvre nocturne. Attention, de no...
