"Bonsoir, Jeanne."
Je m'étais retournée et il était là.
Costume noir, cravate fine sur chemise blanche. Parfait. J'osais à peine lever les yeux sur son visage.
Il m'avait pris la main doucement. Ce contact très légèrement appuyé m'avait fait tressaillir.
"Viens, la voiture nous attend."
Mes yeux avaient croisé les siens. Éclair bleu. Ses lèvres esquissaient un sourire. Comme une somnambule, je l'avais suivi, engourdie, hébétée par le choc de la rencontre.
"La broche est magnifiée dans tes cheveux. J'aime beaucoup. Merci de la porter comme cela.
J'avais réussi à balbutier :
- Merci... de me l'avoir offerte."
Nous nous étions installés à l'arrière de la voiture, et le chauffeur avait démarré. Durant tout le début du trajet qui nous avait conduits à la soirée, j'avais à peine conscience de moi-même. Chaque geste que je faisais était machinal, instinctif. Je serrais la main d'Axel comme si lui seul pouvait me maintenir à la surface du monde réel. Mais c'était faux. Bien au contraire. C'était lui qui m'entraînait dans ce nouveau rêve.
"Tu as fait bon voyage pour venir de Tours ?
- Oui, merci.
- Détends-toi, Jeanne. C'est moi. Je serai là, avec toi, toute la soirée."
Il avait relevé ma main et y avait déposé un baiser suave. Il avait souri à nouveau, à la fois bienveillant et un peu moqueur.
"Où est passé la sorcière ? Je ne vois que la fillette apeurée."
J'avais été piquée au vif par cette remarque acerbe. Il était temps de me reprendre. J'avais brusquement dégagé ma main de la sienne et je l'avais embrassé. Goulûment, longuement, profondément. Ses lèvres étaient douces, charnues, sensuelles. Sa langue chaude, souple, enveloppante. Je m'étais cramponnée à ses épaules et j'étais venue me placer au-dessus de lui, calant mon corps contre le sien. Je sentais sa chaleur et les respirations de sa poitrine.
"Je ne suis pas une sorcière. Et encore moins une fillette apeurée. D'accord ?"
Et j'avais commencé à onduler contre lui, satisfaite de sentir vite son sexe dur, mêlant ma langue à la sienne. Ses mains cherchaient ma peau sous mon manteau. Son souffle s'accélérait au rythme du mien. L'exiguïté de l'espace ajoutait encore à la confusion et à la volupté de la situation. Je sentais ma culotte se tremper et les balancements de mon bassin devenir de plus en plus incontrôlables. Mais cette fois, c'est lui qui était sous mon emprise. Des vagues de plaisir commençaient à enflammer mon ventre. La main gauche toujours accrochée à son épaule, j'avais amorcé une descente vers sa ceinture avec la droite. J'essayais de glisser les doigts entre les boutons de sa chemise, d'établir un contact entre sa chair et la pulpe de mon index.
Mais brutalement, il avait saisi mes poignets et avait fermement bloqué mes mains dans mon dos, rendant plus difficiles les mouvements de mon corps. J'avais laissé échapper un soupir de désapprobation. Progressivement, il avait entravé ma taille et avait réussi à immobiliser mon bassin.
"Ma chérie, j'adore te voir ainsi, brûlante, vibrante, pleine de désir. Mais je veux que tu attendes la fin de la soirée. Je veux autre chose qu'un moment de baise sauvage dans une voiture."
Ma frustration avait dû se peindre sur mon visage. Et il avait éclaté de rire.
"Tu es magnifique. Essoufflée, les lèvres gonflées, vivante. Offrons-nous un plus grand plaisir encore en rentrant, cette nuit. Garde cette envie au fond de toi. Tu sais. Comme la nuit de ta troisième leçon."
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Le clavier vampire
Paranormal" Qu'est-ce que tu es ? - Je suis ce que je suis." Fantastique et érotisme, histoire et secrets, se croisent dans le récit vénéneux d'un amour incandescent, où rêves et réalité se chevauchent dans une atmosphère de fièvre nocturne. Attention, de no...
