33 : Retrouvailles

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Circé : Bonsoir Axel.

Vlad : Bonsoir Jeanne. Tu arrives tard.

Circé : Je suis navrée, j'étais invitée à un dîner, et je pensais rentrer plus tôt, mais...

Vlad : Tu t'es laissée abuser par ta vanité... (sourire)

Circé : Non, au contraire.

Vlad : Je sais. Sinon, tu ne serais pas là. 

Circé : J'avais hâte de te retrouver.

Vlad : Raconte-moi. Je veux tout savoir. Dis-moi comment tu as captivé puis éconduit ta proie. J'aime te savoir prédatrice. Forte. Résistante.

Circé : Mais comment sais-tu... ?

Vlad : Notre lien est puissant, ma chérie. Je t'ai cherchée. Longtemps. Tellement longtemps.

Circé : Comment m'as-tu trouvée ?

Vlad : Cela fait partie des choses que tu dois encore ignorer. 

Circé : Tu me raconteras tout ?

Avec Axel auprès de moi, bien que derrière un écran, je me sentais en sécurité. Protégée. Et plus forte en même temps. Pourtant, je percevais un danger, quelque chose de vague et indéterminé, une menace ou peut-être un piège. Je me sentais merveilleusement bien en sa présence, mais une ombre flottait au-dessus de moi, comme des ailes noires, immenses, qui auraient assombri la ville toute entière. 

Vlad : Quand le moment sera venu, oui. Raconte-moi ta soirée. Je veux que tu te sentes libre de tout me dire. 

Circé : Absolument tout ?

Vlad : Oui. Ne crains rien. Quoi que tu aies pu faire. J'aime savoir que je suis celui à qui tu fais ce récit. Jeanne, tu m'appartiens, et je t'appartiens. Ta confiance est la seule chose que je demande. Je ne pourrai rien te reprocher. 

Circé : Eh bien, ma meilleure amie fréquente depuis quelques temps un homme très beau, très attirant, mais il se comporte avec elle comme un vrai salaud. Je sais qu'elle est amoureuse de lui, mais lui ne se sert d'elle que pour baiser...

Vlad : Hum... J'aime le début de ton histoire. Et cet homme très beau. Est-ce qu'il te fait frissonner aussi, mon amour ?

Circé : Il est vraiment très... envoûtant. 

Et j'avais tout raconté à Axel. Sans donner les noms des protagonistes. Célia qui ne vivait plus que pour baiser avec Stanis, l'épisode du salon de thé, mon trouble, et bien sûr le repas de ce soir, notre course dans les rues, et la scène devant chez lui.

Circé : Je voulais vraiment le faire baver devant moi, le rendre dingue pour le frustrer ensuite, pour le punir de son attitude avec mon amie.

Vlad : Pour le punir de son attitude avec elle ? Tu es sûre ? Ou pour le punir de ce qu'il provoque chez toi et dont tu as honte ?

Circé : ...

Vlad : Sourire. A quel point avais-tu envie de passer cette soirée avec lui ? Pensais-tu vraiment à ton amie quand il faisait monter en toi tout ce désir ? 

Circé : Tu me connais donc si bien ?

Vlad : Sourire. Bien sûr. Je ressens les choses. Ne l'oublie pas. Mais je suis fier de toi. Tu as résisté à ton envie pour moucher ce prétentieux. 

Circé : Tu sais... C'est aussi parce que j'ai vu... 

Vlad : Qu'as-tu vu, ma très tendre ?

Circé : Elle est tombée de mon sac à main... Tu sais... La broche...

Vlad : Mon amour. Oui, je sais. Je suis tellement heureux de t'avoir trouvée. Je sens que le fluide vital est comme en effervescence dans tout mon corps. 

Circé : Moi aussi. 

Vlad : Tu me ramènes à la vie, Jeanne. 

Ces paroles graves m'avaient fait tressaillir. Que voulait-il dire par là ? Je n'avais pas osé poser plus de questions. 

Circé : Axel... Tu sais... Je me demande...

Vlad : Dis-moi plutôt une chose. A quel point es-tu encore excitée à l'idée des mains de cet homme sur toi ? De sa langue fouillant ta bouche ? Avoue-le moi.

Une décharge subite avait réactivé l'incandescence provoquée par Stanis.

Circé : Eh bien... 

Vlad : Allume ta cam. Je veux te voir pendant que tu t'imagines encore avec lui. Dépêche-toi. 

Circé : Mais non, je m'en fous de ce mec !

Vlad : Obéis. Je bande déjà. Comme un dingue. 

Le changement de ton brutal d'Axel m'avait fait l'effet d'une gifle. 

Circé : Qu'est-ce qui te prend de me parler comme ça ?

Vlad : Dis-toi que c'est ta quatrième leçon. Obéis.

Sans réfléchir, j'avais fait ce qu'il me disait. Il avait également allumé sa webcam. Il était en face de moi. Avec une simple chemise blanche. Je ne voyais pas le bas de son corps. Et son regard noir suffisait à me déshabiller. 

Vlad : Tu es sublime dans cette robe. Garde-la. Et j'aime beaucoup ton rouge à lèvres. Je comprends que tu l'aies rendu fou. 

Circé : Merci. 

Vlad : Arrête d'écrire et active le micro. Je veux que tu me racontes à nouveau ton histoire, mais cette fois, à voix haute, et en me regardant dans les yeux. Et je t'interdis de te caresser, à moins que je ne t'y autorise. 

J'avais recommencé mon récit du début. J'étais au supplice. Je sentais qu'Axel voyait immédiatement quand mes yeux se voilaient, quand mon visage s'empourprait, quand un frémissement parcourait ma colonne vertébrale. Son regard amplifiait les sensations qui m'envahissaient à l'évocation de ce rendez-vous. Le demi-sourire qu'il arborait, malgré la dureté de ses pupilles, me laissait deviner que lui aussi était électrisé par ma narration.  A deux reprises, il m'avait demandé de me masturber face à lui. Quand je lui avais parlé de mon émoi au moment de sortir du restaurant, et quand j'avais avoué que j'étais prête à accueillir le sexe de Stanis, avant de remarquer le scintillement de la broche sur le sol. A ce moment-là, j'avais vu Axel fermer les yeux, et se concentrer dans une intense aspiration. 

Vlad : Arrête-toi, ma chérie. S'il te plaît. Si tu savais à quel point j'ai envie d'être auprès de toi à cet instant précis. J'ai tellement besoin de te toucher, de te caresser, de te donner ce plaisir, de te faire jouir. De te posséder. 

Circé : Moi aussi. Tu crois que l'on pourrait se rencontrer... dans la vraie vie ?

Vlad : Dire que cet homme a pu poser les mains sur toi, lui... Dis-moi son nom, que je le maudisse ! (sourire)

Circé : Il s'appelle Stanis. Et mon amie, c'est Célia. 

J'avais vu Axel se raidir derrière son écran. 

Vlad : J'ai besoin de te rencontrer Jeanne. 

Circé : Mais comment ?

Vlad : J'ai pensé à quelque chose. C'est une fête. A laquelle je suis invité, à Paris. Et j'ai besoin d'une cavalière. Ce serait un honneur pour moi que tu acceptes de m'y accompagner. 










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