Les sorciers ne priaient quasiment jamais les dieux. Fort peu d'entre nous réfutions leur existence, bien que nous ne passions pas beaucoup de temps à parler d'eux. Contrairement aux moldus, nous qui avions la magie, nous étions plus enclins à reconnaître qu'il existait bien des choses qui nous dépassaient. Plus des trois quarts des sorciers et sorcières du monde entier croyaient en les dieux, mais nous ne passions pas beaucoup de temps à penser à eux, ou bien à les prier, contrairement aux moldus. Ils nous avaient choisis pour recevoir des pouvoirs magiques, nous avions tout ce dont nous avions besoin. Nous n'avions pas besoin d'eux. Pourtant, en cet instant, je priai les dieux. En cet instant, je demandai leur protection, pour moi et ma famille. J'implorai leur indulgence et leur pardon, alors que nous avions pris une vie et que nous en avions torturé plusieurs autres. Et je priai qu'ils protègent Theodore. Mes yeux et les siens se rencontrèrent directement alors que nous avions tous quatre senti notre bras brûler au même moment. Ses yeux bleus. Ses magnifiques yeux bleus. Ma poitrine se souleva une dernière fois avant que ma respiration ne se coupe. Mais je n'avais pas le temps de paniquer. Je n'avais pas le temps de me demander ce qui allait se passer. Je n'avais pas le temps de me préparer à ce qui allait suivre. Nous devions simplement partir, immédiatement, sans nous retourner un seul instant, et sans prendre le temps de faire le tri dans nos esprits. Je n'avais pas le temps de me demander ce qui allait se passer. Je n'avais pas le droit de le faire, sinon je me trouverai incapable d'y aller, et de lui faire face. Et il saurait que je mentais. Je n'avais le droit de montrer aucune faiblesse. Aucun signe de peur, de chagrin ou d'appréhension. Absolument aucun. Le regard grave de Theo acquiesça en ma direction, et nous nous levions tous les quatre, sans dire un mot, sous les yeux pleins d'incompréhension de Granger. Putain, Granger. Elle était toujours là.
- La fête est terminée, il faut partir, dis-je soudainement avec une voix vide, une voix qui appartenait à celui que j'étais obligé d'être pour lui.
Une voix qui prenait de la distance. Une voix qui n'était ni celle de Drago, ni celle de Malefoy. Elle m'adressa un regard emplein de peur, et je savais en cet instant qu'elle avait compris. Mais je n'avais pas le luxe de lui accorder du temps, et je n'avais absolument pas le temps de tenter de mentir sur quoi que ce soit. Plus le temps passait, et plus il serait en colère. Nous devions tout simplement partir. Immédiatement. Je n'avais pas particulièrement porté attention au fait que Granger était toujours dans notre salle commune quand, tels des robots, nous étions tous quatre tout simplement partis.
L'été qui venait de passer c'était déroulé de la sorte. Parfois, bien que bien trop rarement, nous passions des moments normaux. Des rares moments durant lesquels nous oublions qui nous étions, et ce que nous étions désormais. Des moments où nous n'étions plus que les amis et la famille que nous étions réellement. Et soudainement, nos bras nous brûlaient, et immédiatement, nous devions tout couper. Couper nos émotions, nos peurs et nos appréhensions. Elles n'avaient aucune place, à moins de vouloir perdre notre vie. Alors dès que notre avant-bras gauche nous brûlait, nous mettions nos masques, en nous interdisant totalement les uns et les autres de dire quoi que ce soit. Si l'un de nous pleurait, manifestait de la peur ou de l'angoisse, les autres suivraient, et nous le savions parfaitement. Et si l'un d'entre nous paniquait, il faudrait du temps pour le calmer et le rendre capable de se présenter de marbre et féroce devant le Seigneur des Ténèbres, et c'était un temps que nous n'avions pas, parce que lorsqu'il appelait, il fallait accourir immédiatement. Alors, c'était ce que nous avions fait. Dans le silence le plus total, nous nous étions rendus dans la forêt interdite, et nous avions monté des Sombrals jusqu'au manoir Malefoy, où nous étions attendus. Tout le long du voyage, nous faisions chacun le vide dans notre esprit, dans nos pensées et nos sentiments. Il fallait que tout soit vide. Que tout soit sous clé. Il n'y avait de place que pour le vide le plus absolu. C'était une question de survie, et nous en étions tous absolument conscients. Nous avions traversé les jardins du manoir dans le plus grand silence, et c'était également ainsi que nous avions monté les marches en marbre qui conduisaient jusqu'à la salle de réception. Le Seigneur des Ténèbres se tenait au centre de celle-ci, Bellatrix à ses côtés. Fenrir Greyback et les jumeaux Carrow étaient également présents. Ma mère était également dans la pièce, mais je m'appliquai à ne pas la regarder. Je ne pouvais pas me permettre de m'inquiéter en cet instant. Ma tante affichait un air colérique qui se retrouvait sur le visage pâle et animal du Seigneur des Ténèbres qui inspira profondément en nous observant nous aligner face à lui, à une distance respectable.
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Dollhouse
Fiksi PenggemarSuite aux multiples échecs de son père pour mener à bien les tâches données par le Seigneur des Ténèbres, Drago Malefoy se voit dans l'obligation de le remplacer dans ses rangs. Ses plus proches amis, Pansy Parkinson, Blaise Zabini et Theodore Nott...
