Échec et mat

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Quand bien même Blaise avait dit qu'ils partaient se coucher, mes trois amis étaient dans notre salon en train de boire un verre lorsque je pénétrais à nouveau le manoir après avoir escorté Granger dehors. Je les rejoignais en le regrettant presque déjà, les regards joueurs et taquins de Pansy et Blaise rivés sur moi sans me lâcher une seule seconde. J'allais en prendre pour mon grade, c'était certain.

- Eh bah bel étalon, c'est plus un sprint que tu nous as fait là, t'étais autant en manque que ça ? se mit-il à rire en se moquant ostensiblement de moi.

- Je vous avais dit que je coucherai pas avec elle, leur répétai-je encore en m'enfonçant dans le salon avec eux.

Ils étaient déjà à leurs places respectives. Pansy leva un sourcil circonspect vers moi.

- Pour une fois que tu tiens parole, au seul moment où j'sais pas si ça fait encore une quelconque différence, déclara-t-elle doucement avant de prendre une petite gorgée de son verre.

Je m'écroulais dans le canapé et laissais un profond soupir nettoyer mes poumons de tout l'air qu'ils avaient emmagasiné. Blaise me servit un verre et me le tendit depuis son coin de la table basse. Je l'acceptai avec plaisir, j'en avais bien besoin.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? questionnai-je Pansy après avoir pris une gorgée méritée.

Notre amie haussa lassement les épaules.

- Que si on va tous se rendre coupables de trahison en faisant alliance avec elle, j'crois qu'le fait que tu la baises ce sera le cadet de tes soucis si on se fait prendre.

Je soupirai une nouvelle fois. Elle ne comprenait pas. Personne ne comprenait vraiment, il me semblait.

- Ça n'a rien à voir avec le fait de coucher avec elle, tentai-je alors, c'est une question de sentiments que je ne peux pas me permettre.

Theodore pouffa doucement sur ma droite. Je tournais un visage inquisiteur vers lui.

- Quoi ? lui adressai-je donc.

- Parce que tu crois vraiment que le fait que tu couches avec elle ou non ça change quelque chose à tes sentiments ? me renvoya-t-il immédiatement.

Non, personne ne comprenait, décidément. C'était fatiguant. Il était minuit largement passé, j'avais utilisé toute ma force pour maintenir des murs en béton armés face à Granger, et j'étais fatigué. Je n'avais pas la force de passer des heures à expliquer le pourquoi du comment il était important pour moi de maintenir une distance physique avec Granger pour parvenir à contrôler mes émotions, et ainsi demeurer le Grand Intendant que je me devais d'être.

- Ça change quelque chose sur le sentiment de contrôle que j'ai, défendis-je ma position, et c'est pas la question de toute façon, pourquoi on parle de ça ? Mêlez-vous d'vos culs, pestai-je finalement.

Blaise dressa les paumes de ses mains vers moi :

- Ok chef, recula-t-il avec un sourire.

Je prenais une nouvelle gorgée de mon verre avant de leur poser la question fatidique. Je l'avais faite venir, il ne me servait à plus rien de fuir désormais. Theodore resterait.

- Alors, vous en avez pensé quoi ? demandai-je donc.

L'ambiance changea drastiquement sous mes mots. Pansy et Blaise baissèrent leur regard, tout sourire moqueur ayant quitté leurs visages machiavéliques, tandis que Theodore me regardait gravement. Lui, je n'avais pas besoin qu'il parle pour savoir. Sur un ton voulu léger, Pansy essaya :

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