Theodore n'était pas quelqu'un de très secret, en tout cas pas pour Drago Malefoy. Pourtant, il y avait bien des choses, au fur et à mesure des années, qu'il n'avait jamais partagées avec lui au sujet de Pansy Parkinson. Drago ne savait pas, par exemple, que Pansy était sujette aux crises d'angoisses occasionnelles depuis plusieurs années, bien avant que lui n'y soit sujet. Drago ne savait pas non plus que le livre dans la chambre de Theo intitulé « Les Potions pour les nuls » était en fait un Portoloin qui menait dans l'ancienne chambre de Pansy, dans la maison de ses parents. Non, Drago ne savait pas, toutes ces années durant, que Pansy envoyait un hibou à Theodore dès qu'elle angoissait lorsqu'ils n'étaient pas à Poudlard pour qu'il la rejoigne. Bien entendu, à l'époque, ni Theodore, ni Pansy n'avait ouvertement avoué ses sentiments à l'autre, et il ne s'était encore jamais rien passé de concret entre eux. Seulement, elle lui envoyait un mot disant souvent « est-ce que tu peux venir ? » ou bien « ça va pas », et dans la seconde suivante Theodore se retrouvait dans sa chambre.
Theodore ne pouvait se rappeler combien de nuits il avait passé avec Pansy de la sorte. Souvent, ils ne parlaient même pas. Pansy ne lui avait jamais raconté, jusqu'à cette nuit-là à Poudlard, quelle était la source de ses angoisses, et Theodore n'avait jamais vraiment demandé, parce qu'il supposait que si elle souhaitait en parler, elle le ferait. Souvent, il ne faisait que l'observer pour s'assurer qu'elle se calmait au fur et à mesure de sa présence, ce qui était quasiment systématiquement le cas. Ils passaient une partie de leur nuit à regarder les étoiles depuis le toit de la maison des parents de Pansy, en silence, la tête de cette dernière reposant sur l'épaule de Theodore, et ils ne bougeaient pas pendant des heures. Et chaque fois qu'elle avait besoin, il était là. Une fois, Pansy avait avoué à Theodore qu'elle n'osait pas toujours le contacter, qu'elle se disait qu'elle en faisait trop, et que dans ces cas-là elle s'imaginait une forêt enchantée pour se calmer. C'était ainsi que Theodore avait appris l'existence de ce lieu imaginaire qui remplaçait sa présence rassurante. Pansy n'avait jamais précisé à Theo de garder tout cela pour lui, mais cela était tout simplement naturel pour lui. Cela ne lui appartenait pas, et il n'aurait jamais livré à qui que ce soit une histoire qui n'était pas la sienne, surtout pas une histoire qui appartenait à Pansy Parkinson. Et puis, au fond, Theodore aimait savoir qu'il était le seul à connaître cette partie plus vulnérable d'elle. Il lui semblait que cela montrait probablement plus que tout autre chose qu'elle lui faisait confiance, et il trouvait de la joie dans ce constat. Tout ce qu'il souhaitait, c'était pouvoir être là pour elle, autant qu'elle voulait de lui.
En réalité, il ne savait pas s'il en faisait assez. Toutes ces années, il avait toujours cherché ce qu'il pouvait bien lui dire pour l'aider, mais il était difficile de savoir comment rassurer quelqu'un dont vous ignoriez les peurs. Alors il était présent physiquement, c'était tout. Et aussi étrange que cela puisse paraître, cela semblait apaiser les angoisses de Pansy, alors il continuait de venir chaque fois qu'elle l'appelait, et de lui prêter une épaule sur laquelle se reposer.
Ainsi, Theodore n'avait pas fait beaucoup plus que cela, cette nuit passée à la Maison de Joie. Trop habitué à noter la moindre accélération des battements de son cœur ou de sa respiration, il avait senti l'angoisse monter en Pansy alors qu'ils parlaient avec cet abject Walden. Désormais, il connaissait les raisons sous-jacentes à cette anxiété-là. Il la connaissait également assez pour savoir qu'elle se serait sentie plus mal encore de subir de telles émotions entourée d'autres personnes, pire encore de Mangemorts. C'était là la raison pour laquelle il l'avait écartée du groupe. La guidant d'une main ferme dans la sienne, il l'avait menée jusqu'à un recoin sombre de la Maison dans lequel il avait pu la faire asseoir. Son propre cœur à lui battait violemment dans son poitrail, il ne supportait pas de la voir souffrir. L'homme qui lui avait fait du mal était mort de ses propres mains. Pourquoi cela ne pouvait-il pas être suffisant pour effacer ce qu'il lui avait fait ? C'était là quelque chose que Theodore ne comprenait pas. Comment se faisait-il que c'était ceux qui avaient subi qui payaient les pots cassés de ceux qui avaient fait du mal ? Il ne trouvait pas beaucoup de sens, ni de justice là-dedans. Si cela pouvait lui faire du bien, il trouverait le moyen de ramener à la vie son oncle, simplement pour pouvoir le tuer à nouveau. Mais il doutait que cela ferait disparaître les cicatrices qu'il lui avait laissées.
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Dollhouse
FanficSuite aux multiples échecs de son père pour mener à bien les tâches données par le Seigneur des Ténèbres, Drago Malefoy se voit dans l'obligation de le remplacer dans ses rangs. Ses plus proches amis, Pansy Parkinson, Blaise Zabini et Theodore Nott...
