(Dé)stabilisation

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J'avais puisé en Ragnar la force qu'il me fallait pour que nous nous rendions au Quartier Général alors que le jour se levait lentement. Trop faible pour le faire moi-même, j'avais encore puisé en son énergie lorsque j'avais appuyé sur ma Marque pour appeler le Seigneur à moi une fois devant la cage de Theodore dans laquelle il était toujours tordu de douleur. Je ne le regardais pas, je devais être aussi stoïque que possible pour pouvoir le ramener à la maison. C'était mon objectif, et je ne me laisserai pas en être détourné par mes propres sentiments. Il était fort pour moi, et c'était à mon tour d'être fort pour lui. Il n'y avait pas d'autre option. J'allais le ramener à la maison.

Le Seigneur des Ténèbres ne me fit pas attendre. Dans l'ombre sombre du cachot dans lequel Theodore était retenu prisonnier, un bruit d'apparition retentit, et avec lui un nuage de fumée noire se répandit avant que Voldemort ne se matérialise devant moi. Je n'étais pas même effrayé, pas en ce qui me concernait moi tout du moins. J'étais venu seul, mais je savais qu'il pourrait y avoir des conséquences sur Theodore si je me montrais insolent, ou encore trop suppliant. Voldemort n'aimait pas les démonstrations ostensibles de faiblesse, et je m'y étais déjà trop adonné la dernière fois que je m'étais trouvé face à lui. Lorsqu'il se trouva matériellement devant moi, le Seigneur des Ténèbres leva haut son menton pointu et sembla me humer des fentes qui représentaient ses narines. Ses deux yeux rouges menaçants brillaient surnaturellement dans le noir profond du cachot. Je me tenais droit devant lui, soutenant son regard avec le plus d'impassibilité possible. Il allait me rendre mon frère aujourd'hui. Je ne repartirai pas sans lui.

- Drago, que me vaut cette sommation matinale ? m'adressa-t-il de sa voix stridente qui n'était rien d'autre qu'un murmure effrayant digne d'un serpent.

- J'ai une requête à vous formuler, Maître, déclarai-je formellement, mes mains nouées dans mon dos tel le soldat que j'étais.

- Mh, accusa-t-il simplement.

Il me sonda de ses pupilles rouges un instant. Je ne bronchai pas, et je ne me montrais pas non plus intimidé. Je ne l'étais pas. Il allait me rendre mon frère.

- Tu as mauvaise mine, observa-t-il avec une satisfaction qu'il ne cachait pas.

Je baissai le visage vers lui un instant.

- J'en suis désolé, mon Seigneur.

Il m'inspecta encore en silence, l'ambiance glaciale et électrique entre nous. Le silence qui s'abattait sur nous n'était entre-coupé que des faibles gémissements plaintifs de Theodore à côté de nous. Finalement, il le rompit à nouveau :

- J'ai entendu parler du désastre que tu as causé sur ces villages moldus l'autre nuit. A vrai dire, le monde entier en a entendu parler, nuança-t-il doucement.

Je demeurai droit devant lui, le visage à nouveau relevé à son encontre, silencieux tandis que j'attendais la suite.

- J'ai apprécié de constater que tu étais encore capable de faire une démonstration de force digne de mon nom, seul, m'accorda-t-il ensuite. Je t'écoute, m'offrit-il alors après un court silence.

Je ne me laissai pas impressionner, et saisissait là mon opportunité pour exposer le plan que je venais de concocter pour avoir un prétexte afin de récupérer Theo :

- Je projette de me rendre à Poudlard dans les plus brefs délais pour y assiéger mon autorité en tant qu'aspirant Grand Intendant, déclarai-je formellement. Je souhaite qu'il soit aussi clair pour l'Angleterre que pour les autres pays que vous détenez la supériorité sur eux, et en ce sens je veux recruter des soldats au sein de l'école de magie. Il me semble que ses étudiants y ont été en sécurité assez longtemps, quand bien même c'est Severus Rogue qui en a les rênes désormais, amenai-je plus explicitement. Je suis certain qu'il y a en son sein des étudiants capables de magie qui seraient ravis de pouvoir combattre pour vous, et je compte aller les y chercher en y appuyant votre dominance.

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