Confiance

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Pray For Me - Kirk Franklin https://www.youtube.com/watch?v=bK48h2FaGP8&list=RDbK48h2FaGP8&start_radio=1

Les tonalités effrayées qui accompagnaient la question de Pansy restèrent suspendues dans les airs, pesant lourdement sur chacun d'entre eux d'un nouvel avenir qu'ils n'avaient jamais envisagé. La nuit était sombre, éteinte de toute lumière, du moindre espoir restant pour les plans que les quatre Serpentard avaient élaboré avec la Gryffondor. Entre eux, les mets restants et verres vides de leur soirée décoraient les guéridons disposés dans la salle de réception, assombrissant l'espace d'un silence nouveau après les agitations passées. Les masques étaient tombés, tout ce qu'il leur restait désormais n'était plus qu'une nouvelle énigme impossible à résoudre. Un observateur attentif aurait pu voir leurs derniers espoirs s'évanouir dans chacun de leurs regards aussi abattus que fatigués de la vie qu'ils menaient.

- Peut-être que si..., tenta doucement la voix non assurée de Blaise avant d'être abruptement coupé par un Theodore décisif.

- Tais-toi, trancha ce dernier avec une sécheresse menaçante.

Chaque corps, chaque conscience, chaque attention de la pièce se tourna vers lui. Theodore fixait gravement Drago, ce dernier immobile, arborant un air profondément vulnérable. Le Prince Héritier regardait son frère comme si tout leur avenir dépendait désormais de lui et des mots qui étaient sur le point de caresser la pulpe de ses lèvres. Le silence retomba sourdement sur eux, lourd de sa pesanteur. Dans les yeux de Theodore, deux éclats d'éther, mille et unes idées fusaient. Sages et patients, ils attendirent tous, et durant un instant étiré, rien ne se produisit. Puis soudainement, Theodore Nott chargea en la direction de Drago en des pas élancés qui séparèrent l'espace entre eux de quelques secondes anecdotiques. Drago ne recula, ni ne broncha pas lorsque l'aura intimidante d'un Theodore résolu fonça sur lui, et il ne flancha pas non plus alors qu'il le saisit avec vivacité par le bras. Drago le suivi même avec une confiance aveugle quand Theodore le tira derrière-lui en direction des chambres, remettant son destin entre ses mains sans la moindre protestation.

- Qu'est-ce que tu fais ? questionna Parkinson, demeurant néanmoins en retrait comme si elle ne voulait pas se trouver en travers de sa route.

Ce fût comme si Theodore n'avait pas même entendu sa question. En tout cas, il ne lui répondit pas. D'un pas vif et décidé, il mena Drago jusqu'à sa propre chambre. D'un élan de son bras musclé, il projeta le corps de son frère à l'intérieur où il lui retira finalement son contact. Drago était à sa merci, inerte et complètement docile à la bonne volonté de son frère. Avec un regard grave, Nott exigea en se positionnant en leader implacable :

- Donne-moi ton carnet.

Drago demeura immobile un instant, comme considérant l'ordre de son ami, puis sans un mot il se dirigea vers sa table de chevet, saisit le carnet de correspondance qui y siégeait, et l'offrit, là-encore avec une confiance aveugle, à la seule personne qu'il savait qu'elle ferait tout pour l'aider. Theodore réceptionna l'objet avant d'exiger, sa dernière main libre tendue vers Drago :

- Ta baguette.

Les yeux tristes de Drago, et pourtant emplis de confiance, ne lâchèrent pas Theo lorsqu'il tira sa baguette de sa manche pour la livrer à son frère. Theodore s'en saisit. Finalement il déclara, un mélange complexe de force et de douceur dans le ton de sa voix, comme la plus raffinée des potions :

- Je suis désolé, mais pour ta sécurité tu ne peux pas entendre la conversation qui va suivre. Je vais t'enfermer maintenant, et la seule chose que je te demande, c'est de me faire confiance.

L'air flotta entre eux, lourd de questions suspendues à propos de ce qu'il se passait présentement, et plus encore sur ce qu'il allait se produire ensuite. La mine faible bien que sans un mot, Drago acquiesça doucement, laissant sa vie entre les mains de cet homme en qui il avait pleine confiance, probablement plus encore que ce dont il était conscient. En retour, Theodore acquiesça, puis il se retourna pour faire exactement ce qu'il avait dit qu'il ferait, comme à son habitude. Lorsqu'il saisit la poignée de la porte de la chambre de Drago, la voix plaintive de ce dernier y résonna finalement avec timidité, comme s'il se risquait une question incertaine qui appelait à recevoir réassurance :

DollhouseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant