Comme un aimant qui ne parvenait pas à atteindre son autre moitié qui l'appelait désespérément. Son corps appelait sans cesse le mien, à chaque seconde de chaque minute, l'urgence de son état de santé déclinant éveillant mon système nerveux déjà sur-stimulé, entraînant mon corps au bout de ce qu'il était capable de supporter. Mon rythme cardiaque était en tachycardie constante, mon cœur pompant plus de sang en direction de mes muscles pour me permettre d'agir, alors que je ne le pouvais pas. Ma pression artérielle avait largement augmenté pour alimenter mes organes vitaux, et mon sang était redistribué vers mes muscles ainsi que mon cerveau pour me permettre de me battre, alors que je ne le pouvais pas. J'étais en hyperventilation constante pour que mon sang soit oxygéné plus rapidement, me donnant une sensation de suffocation qui ne s'arrêtait pas. Mes muscles subissaient des tensions accrues qui se ne s'amoindrissaient pas pour me permettre de réagir, alors que je ne le pouvais pas. Mes membres tremblaient à cause de la suractivation nerveuse qui ne trouvait aucune échappatoire, ni aucun exutoire à cette activation. Mes pupilles étaient dilatées, cela je le ressentais parce que mes yeux captaient plus de lumière, ma vision était améliorée pour me permettre d'agir avec précision, alors que je ne le pouvais pas. J'étais sujet à une hypersensibilité auditive, mon corps cherchant à me permettre de percevoir les sons menaçants plus facilement pour ajuster ma position, alors que je ne le pouvais pas. L'efficacité de mon système digestif avait diminuée, m'imposant une sensation de nausée et de bouche sèche qui ne me quittait pas. Je subissais des sueurs froides alors que mon système nerveux tentait de refroidir mon corps pour me permettre d'agir, alors que je ne le pouvais pas. Et malgré tout ce sang qui parvenait à mon cerveau, je ne parvenais pas à réfléchir clairement, parce que ce cerveau privilégiait l'action instinctive face à la menace, alors que je ne pouvais rien faire.
Et puis la détresse. La détresse de sentir son corps appeler le mien, et de ne pouvoir rien faire pour le soulager. La détresse de le savoir dans un tel état, et de ne pouvoir rien faire pour le sortir de là. La détresse de l'avoir vu dans cette cage, enfermé dans ces barreaux de magie noire comme un putain de chien. Et son âme, son âme qui appelait constamment, à chaque seconde de chaque minute la mienne à son secours, et ne pas pouvoir y répondre. La terreur aussi, de ce qu'il lui arriverait. De s'il tiendrait. La rage, encore. Parce que l'on se permettait encore de lui faire du mal, à lui. Aux miens, encore.
Je m'effondrai à genoux sur le sol de l'entrée du manoir, tenant Blaise contre moi de toutes les forces physiques qu'il me restait, l'état d'alerte constant dans lequel j'étais m'autorisant des prouesses physiques impensables après un doloris. Le corps de Blaise glissa de mon dos et tomba sur le sol à son tour, toujours inconscient. J'entendis des pas courir vers nous. Ma vision était floue alors qu'un reflux acide tordait mes entrailles et remontait dans ma gorge. Je soutenais le haut de mon corps tremblant de mes mains ancrées sur le sol. J'ouvrai la bouche et un nouveau reflux tordit mon ventre avant que l'acidité ne remonte jusqu'à ce que je vomisse sur le sol de l'entrée. J'entendis comme au loin Pansy m'appeler. Je supposai qu'elle était pourtant juste-là. Une nouvelle nausée remonta en moi, et avec elle les larmes qui l'accompagnait. Un grondement guttural déchira ma gorge au même titre que l'acidité de mon estomac, et je vomissais à nouveau sur le sol. Je sentis des mains froides se poser sur mes joues à nouveau mouillées alors que je cherchais à reprendre mon souffle, mais mon hyperventilation ne se calmait pas. Ma tachycardie non plus. La tension de mes muscles et leurs tremblements non plus. La nausée ne s'apaisa pas non plus. Ma détresse non plus. Ma terreur non plus. Ma rage non plus. Son corps appelait désespérément le mien. Et je ne pouvais pas répondre à son appel. Plus les secondes passaient, et plus j'avais la sensation de brûler vivant. Je me demandais s'il ressentait cela, si cette sensation-là lui appartenait à lui. Et plus je me posai la question, plus la détresse augmentait. Et plus je me posai la question, plus la terreur augmentait. Et plus je me posai la question, plus la rage augmentait.
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Dollhouse
Fiksi PenggemarSuite aux multiples échecs de son père pour mener à bien les tâches données par le Seigneur des Ténèbres, Drago Malefoy se voit dans l'obligation de le remplacer dans ses rangs. Ses plus proches amis, Pansy Parkinson, Blaise Zabini et Theodore Nott...
