Domination

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Nous avions parlé tous les quatre du fait de rencontrer Granger le lendemain matin pour écouter ce qu'elle avait à dire, et adapter en conséquence notre décision. A ma grande surprise, même Pansy avait accepté, et elle avait même promis qu'elle ne s'en prendrait plus à elle physiquement. Je supposai que c'était un progrès. J'avais donc écrit à la principale concernée au travers de notre carnet et lui avait annoncé la nouvelle. Nous avions convenu ensemble qu'elle nous retrouverait au manoir trois soirs plus tard. J'avais proposé que l'on se rencontre avant, mais elle m'avait dit avoir besoin d'un peu de temps, pour je ne savais trop quoi. Peut-être qu'elle ne pouvait pas quitter Poudlard avant. En tout cas, le rendez-vous était programmé, et cela ne nous engageait à rien, j'avais été très clair sur ce point. Nous l'écouterions, mais je ne promettais absolument rien.

Je ne pouvais mentir et dire que cela ne m'inquiétait pas au plus haut point. J'avais dû redoubler d'efforts pour maintenir mes murs en place, mes anciens démons anxieux cherchant inlassablement à refaire surface depuis que nous avions pris cette décision ensemble. Je n'avais désormais plus seulement la peur de ne pas parvenir à satisfaire le Seigneur des Ténèbres, j'avais maintenant en plus celle abominable qu'il découvre que nous étions en train de le trahir rien qu'en écoutant ce qu'elle avait à dire. Je m'accrochais à ma violence plus encore qu'avant. Plus les miens étaient en danger, plus j'étais dangereux. Je m'accrochais donc à ma haine de toutes mes forces, et à ce monstre en moi. J'avais besoin de lui, plus que jamais. Il ne pouvait rien leur arriver, et j'avais pris la responsabilité de les protéger.

Nous avions repris du service sur une nouvelle rixe le soir venu, et d'autres personnes étaient mortes, et d'autres étaient parties en direction des cachots du Quartier Général pour subir le test du Seigneur des Ténèbres. J'avais fait ce que j'avais à faire sans qu'aucune émotion ne me traverse. Je ne pensais qu'aux miens, et à leur sécurité que je devais assurer. Tant pis pour les autres. Plus ils périssaient, plus les miens étaient en sécurité. Pour l'instant.

J'étais dans le bureau de mon père en train de rédiger mon rapport pour Voldemort quand Mint se matérialisa devant moi, un parchemin dans ses mains frêles.

- Ceci vient d'arriver pour vous, Maître Drago, m'annonça-t-elle doucement.

Je tendais la main vers elle, et elle me remit le morceau de papier avant que je ne la renvoie à ses occupations en la remerciant. J'étais sur le point d'aller me coucher, il devait être près de 4heures du matin. Je supposai que je dormirai plus tard. J'ouvrais la missive :

A l'intention du Lord Grand Intendant du Seigneur des Ténèbres,

Nous nous trouvons dans l'obligation de vous informer que nous avons rencontré des membres de l'Ordre du Phénix ainsi que des Aurors lors de la rixe ayant eu lieu ce soir même à Bamburgh. Plusieurs civils ont étés sauvés et évacués à cause de leur intervention, notre équipe n'ayant pas été de taille à tous les éliminer. Deux d'entre eux sont tombés au combat dont l'identité nous est inconnue, et l'un d'entre nous, Paul Mott, est également tombé de leur baguette. Cependant, notre équipe est parvenue à capturer vivant Sturgis Podmore, membre de l'Ordre. Nous le retenons actuellement au Quartier Général, où nous attendons vos ordres.

Conformément à vos ordres, notez que cette missive s'auto-détruira suite à votre lecture.

Dans l'attente de votre retour,

Finnick Vain & Georges Peter

- Merde, murmurai-je alors que la lettre prenait feu.

Les cendres se répandaient sur mon bureau alors que je tirai le tiroir pour en sortir le dossier sur l'Ordre de mon père. Je cherchais parmi les noms qu'il y avait, et fut ravi de constater que celui de Podmore était déjà répertorié. Engagé depuis la première Guerre, donc. Je prenais le dossier avec moi, me levais de ma chaise et sortais en trombe. Le manoir était plongé autant dans le silence que dans l'ombre. Nous étions rentrés il y avait bien une heure et demi de cela. J'ouvrais la porte de la chambre de Theodore à la volée, sans même prendre la peine de toquer pour annoncer mon arrivée. Elle était plongée dans le noir. Il dormait.

DollhouseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant