Le Supplice de la Croix

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Avant que je ne m'en rende compte, nous avions transplané dans la grotte de Voldemort. L'air était glacial. Tous ceux qui avaient été présents pour la remise de nos Masques ainsi que dans la Maison de Joie étaient présents. Il n'y avait pas un bruit dans l'assemblée malgré le nombre de personnes présentes. Blaise se redressait difficilement alors qu'il était fermement tenu par le bras épais de Theo. Je pouvais entendre mon cœur battre violemment dans mes oreilles. Les membres qui étaient devant nous s'écartèrent de chaque côté pour nous laisser en ligne de mire. Le Seigneur des Ténèbres était dos à nous, au centre du cercle dessiné par les Mangemorts dans la salle de réception que j'avais conçue pour lui. La surprise des événements ne m'avait pas encore permis de remonter mon mur. J'étais encore trop facilement déstabilisé. Lentement, le mage noir se retourna vers nous, son visage baissé et sa voix tranchante :

- Il a été porté à ma connaissance qu'une personne parmi vous s'est permise de m'insulter en propageant des mensonges à mon propos.

Mon cœur cessa de battre. Lorsqu'il fut intégralement retourné face à nous, ses yeux rouges s'enfoncèrent durement sur Blaise.

- Des rumeurs semblent circuler à propos des événements qui se sont déroulés suite à la mort d'Albus Dumbledore, reprit-il en laissant ses yeux reprendre leur course sur les membres de son armée.

Il allait mourir. Il s'apprêtait à tuer Blaise pour en faire un exemple face à tous les autres pour asseoir son histoire mensongère et son autorité. Mes oreilles bourdonnaient.

- Des rumeurs qui racontent que j'aurai volontairement laissé Theodore Nott tuer des nôtres avant de lui attribuer plus de responsabilités dans les rangs, sans qu'il n'y ait eu de traîtres parmi nous... Ces rumeurs sont fausses, appuya-t-il gravement. Les seules paroles que vous devez croire sont celles que moi, votre Maître, je vous ai rapporté plus tôt ce soir. Je me doute que la personne qui a laissé courir ce mensonge souhaitait asseoir un certain pouvoir sur vous tous en se faisant paraître pour plus puissante qu'elle ne l'est réellement, peut-être par peur de certains d'entre vous, enchaîna-t-il plus calmement. En ce faisant, cette personne a manqué de respect à ceux qui ont perdu la vie en combattant les traîtres, vous a tous manqué de respect à vous en vous mentant ostensiblement, et pour finir a cruellement manqué de respect à mon intelligence. Un tel affront ne peut être toléré, déclara-t-il avec force en transcendant une nouvelle fois Blaise du regard.

Il fallait que je me reprenne. Il fallait que je me contienne. Il fallait que je parvienne à retrouver, puis à conserver mon sang froid ; j'étais le Grand Intendant en devenir, et c'était peut-être la seule chose qui pouvait sauver la vie de mon ami en cet instant. Il fallait que je devienne le Grand Intendant, et que je le protège. Lui et tous les autres. Si en cet instant Drago ne faisait que paniquer pour la vie de son ami qu'il aimait et qu'il ne savait comment aider, j'avais besoin que le Grand Intendant parvienne à reprendre le contrôle de mon être, et qu'il trouve une solution. Et j'en avais besoin immédiatement. Je tentais d'inspirer profondément par le nez mais le regard assassin que portait le pire mage noir de tous les temps sur mon ami ne me permit pas le luxe de calmer ma terreur. Un regard volé sur ma droite m'apprit que le bras de Theodore tenait toujours fermement Blaise à côté de lui.

- Puisqu'il vous a manqué de respect à tous, reprit le Seigneur des Ténèbres, il me semble approprié que vous soyez dédommagés personnellement.

Le sorcier élança son bras en un mouvement circulaire au-dessus de lui tandis qu'il fit apparaître dans un bruit de vacarme une immense et épaisse croix en bois qui retomba droite et debout contre le mur de pierre de la grotte qui nous accueillait. Mon cœur battit plus violemment encore dans mon poitrail. J'avais entendu des histoires à propos de cette croix. La foule de Mangemort, elle, s'impatientait avec hâte en des acclamations effrénées. Je ne pus me retenir de tourner complètement le visage sur ma droite. Blaise portait le sien bas, et Theodore rencontrait mes yeux. Ses traits étaient aussi fermés et déterminés qu'ils pouvaient l'être. L'inquiétude que je devinais être lisible sur mon visage n'existait pas sur le sien.

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