Comme des diamants dans le ciel - 4

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Flottant entre la conscience et le monde des songes, Pansy fut abruptement arrachée des bras bétonnés de Morphée lorsque les sombres lumières de la base s'allumèrent soudainement. Une alarme stridente déchira le silence, ses impulsions sonores lourdes et régulières faisant trembler les murs comme si la base militaire elle-même hurlait sa panique. Ensuite, des tambourinements de pas qui se ralliaient, au garde à vous. Le coin des lèvres de Pansy s'étira jusqu'à ses oreilles. Il était arrivé.

D'abord, Pansy n'eut le droit de se délecter que des sons. Vidée du poison, bien que de trop de forces également, l'adrénaline et l'excitation de le savoir juste là pour elle lui donna l'impulsion dont elle avait besoin pour se relever jusqu'à la grille de sa cellule, qu'elle empoigna avec force afin de tenir contre celle-ci. Elle voulait pouvoir voir. Elle voulait le regarder massacrer ceux qui avaient réellement pensé pouvoir s'emparer d'elle de la sorte, ignorant quel genre de monstre ils avaient provoqué. C'était sa récompense. Son spectacle, à elle, et rien qu'à elle. Pansy estimait ne mériter rien d'autre que les premières loges.

Un ballet. Pour commencer, les pulsations aussi rythmées que prégnantes des vibrations de la musique dans les murs de béton qui annonçaient le début du spectacle. La lumière, soudaine et précise, s'étalait en des spots qui éclairaient la scène pour qu'aucun mouvement étiré ne soit laissé à l'imagination du spectateur. Le ralliement de la troupe, de tous ces danseurs figurants qui s'apprêtaient à offrir le dernier spectacle de leur vie. Certains étaient prêts, comme s'ils avaient préparé cette représentation trop longtemps, et d'autres donnaient l'impression de se faire écraser, presque dévorer par le trac. Ceux-là risquaient trop de faux mouvements, et seraient certainement les premiers à se faire anéantir par la pression.

Dans les barreaux de sa cage que Pansy tenait fermement, elle pouvait sentir les vibrations paniquées de l'alarme qui hurlait au prédateur. Elle beuglait, terrifiée, suppliant que quelqu'un protège sa base. Personne ne serait de taille pour ce qui arrivait sur eux. À chaque pulsation vibratoire qui traversait la paume de ses mains, remontant divinement en des sensations piquantes à travers ses bras, prenant possession de sa cage thoracique en une embrassade envoûtante avant de redescendre en une cascade de frissons à travers son bas ventre jusqu'à ses jambes, Pansy geignit de plaisir. Elle pouvait sentir à travers chaque cellule de son corps à quel point l'intégralité de ces lieux, les murs, les hommes, les esprits, tout était terrorisé. Terrorisé de ce qui venait pour eux. De ce qui venait pour elle. Un large sourire sur ses lèvres aussi asséchées qu'abîmées des coups qu'elle avait reçus, Pansy encercla les barreaux de ses doigts fins avec une sensualité lascive. Comme si elle se préparait pour assister au spectacle qu'elle avait attendu toute sa vie, l'estomac agréablement noué d'anticipation et des picotements fort peu innocents dans le bas ventre, Pansy inspira profondément le peu d'air qu'il restait dans l'atmosphère autrement angoissante de cette prison. Entre ses lèvres passa un filet d'oxygène qu'elle étira, le voulant long, lent, cherchant à le sentir la pénétrer et la remplir d'un souffle nouveau dont elle avait grand besoin. Lors de quelques secondes suspendues, elle laissa cet air prendre possession d'elle, tant qu'elle n'avait plus de place pour la moindre bouffée supplémentaire. Elle se délecta de cette sensation de plénitude avant d'expulser à nouveau, dans un souffle étiré, tout l'excédent de ce qu'elle avait avalé pour se préparer pour cet homme dont elle ignorait encore à quel point il était sien.

Sans qu'elle ne le remarque vraiment, son cœur se mit à jouer une symphonie vivifiante au rythme de l'alarme qui annonçait le plus grand danger qui puisse être. Agrippée aux barreaux de sa cage telle une enfant impatiente, la pluie continuant de tomber sur elle quand bien même elle n'en ressentait plus la fraicheur en cet instant, Pansy se délecta de la façon dont les voix paniquées des hommes et femmes présents dans ce qui allait bientôt devenir une scène de massacre hurlaient des ordres ici-et-là. Soudain, une explosion. Lourde. Violente. Puissante. La première vague de son – hurlante -, annonçait les murs de pierre épais qui venaient d'exploser en mille morceaux pour le laisser passer. La deuxième vague, elle faite de résonnance, envoyait un flux continu de vibrations basses qui accompagnaient les débris qui s'écroulaient en dégringolant après les plus gros morceaux. Pansy sentit la violence de l'explosion vibrer dans le creux de ses mains qui tenaient fermement les barreaux de sa cellule. Une autre vibration, elle plus douce, et cent fois plus chaleureuse fit vibrer la gorge de Pansy avant de s'échapper du bout de ses lèvres en un faible gémissement qu'elle n'essaya pas de retenir. Elle ne pouvait toujours pas le voir, mais il était là pour elle. Il était .

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