59. La bonne idée

414 40 6
                                    

Nous étions deux jours après la fameuse fête d'intégration de Portgas.D.Ace et son équipage. Marco était assis à l'une des grandes tables du réfectoire vidé de toute présence humaine, profitant de l'aube pour se remettre les idées en place.

Car il se passait définitivement trop de choses dans sa vie ces derniers temps.

Ainsi il s'était levé vraiment tôt ce matin là, un goût amer inhabituel baignant le fond de sa bouche d'une âpreté des plus désagréables.
Il avait tenté de l'ignorer dans l'espoir que cela le fasse disparaitre, même s'il en connaissait parfaitement l'origine.

Le blond s'était donc redressé dans son lit, mettant dans l'un de ses réflexes habituels sa paire de lunette rouges qui l'aidait bien souvent à se remettre les idées en place.
Il avait essayé de perdre son malaise dans le circuit de ses habitudes matinales, recoiffant d'une manière aléatoire ses mèches blonds à la coupe si particulière toujours éparpillées et qui faisaient tellement rire ses frères.

Il s'était passé de l'eau sur le visage, tirée du système d'eau potable qu'il remerciait toujours d'avoir fait son arrivée sur le Mobydick.
Ce qui ne voulait pas dire que l'on pouvait en faire n'importe quoi bien sûr. L'eau claire restait encore et toujours une denrée précieuse sur les mers.

Le commandant de la 1ère flotte s'était détaillée pendant un court instant dans le petit miroir qui lui faisait face, posé de la plus impeccable des manières sur l'un des murs de sa salle de bain personnelle.
Il n'aimait pas particulièrement ses sourcils immenses qui encadraient son visage d'une étrange manière, passant au passage son long doigt fin et abimé par les années de navigation sur la longueur de sa mâchoire couverte de son éternelle barbe de quelques jours.

Cela l'avait fait sourire.
Par contre il aimait bien sa pilosité.
Il avait pris une très bonne décision quelques années plus tôt en se décidant à la laissait pousser, cela lui donnait un côté bien plus masculin et mature qui contrecarrait les effets de son si puissant fruit du démon.

Puis son attention s'était reporté sur ses yeux azurés qui reflétaient autant la mer que les flammes du phénix dont il était le porteur.
Il avait parfaitement conscience de ne pas être le plus bel homme du monde mais il était au moins certain de deux choses.

La première c'était qu'il s'appréciait comme il était, lui et ses rides un peu trop marquées quand il devenait sérieux, lui et son nez mince et droit à l'égyptienne... lui et sa fameuse coupe d'ananas qui se trouvait d'ailleurs être son fruit préféré.

Et la seconde était très simple.
Il se fichait bien des avis des autres.
Sa prime valait plus d'un milliard de berries. Il était le second de Père et pouvait faire tout ce qui lui plaisait où et quand il le voulait.

Marco n'avait à plaire à personne et il le savait très bien, refermant d'un air satisfait la porte de sa salle de bain derrière lui alors qu'il s'était avancé en caleçon dans sa propre cabine.
Il s'était empressé d'enfiler l'une de ses habituelles chemises violettes qui étaient après tout sa marque de fabrique, attachant avec des gestes marqués par l'habitude sa ceinture et son foulard à sa taille par dessus son pantalon souple lui permettant de se déplacer à sa guise et surtout, de se battre.

Mais il avait compris autre chose. Car alors qu'il mettait ses sandales à la romaine à ses pieds, la liste des tâches toujours infinies qu'il avait à faire dans la journée défilant dans son esprit, il s'était surpris à contempler d'une manière un peu trop intensive le tissu de son haut qu'il côtoyait pourtant tous les jours.

Et l'homme avait poussé un soupir des plus longs et intenses, ne pouvant empêcher son cerveau de partir à la dérive.
Or il n'y avait actuellement qu'un sujet qui était capable de lui faire perdre la tête à ce point. Et cette personne car c'en était une, avait un nom.

La mémoire de papierOù les histoires vivent. Découvrez maintenant