3. Départ pour Sabaody

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Il devait être environ 7h du matin quand Seïri arriva en vue de la baie de Marineford alors que la nuit commençait à peine à s'éclaircir à l'horizon, les étoiles toujours bien visibles dans le ciel. L'air était soudainement bien plus frais sans les rayons chaud du soleil, ce qui lui permettait de respirer un instant. Car elle savait bien que le temps serait tout aussi tropical au célèbre archipel qui était son lieu de résidence étudiante.

C'est ainsi qu'elle se retrouvait vêtue d'un short en jean et d'un t-shirt clair le plus court possible, toujours dans les limites imposées par son père.
Et c'est aussi pour cette raison qu'elle se retrouvait presque grelottante en mettant le pied sur les quais de la base militaire, pensant avec regret qu'elle aurait peut-être du suivre le conseil de l'amiral lui disant de se couvrir un peu plus alors qu'il lui souhaitait un bon voyage.

Bon... il s'était aussi bien assuré qu'elle avait son pistolet à silex à la taille bien attaché, le cran fermé pour qu'elle ne se fasse pas mal en cas d'une étourderie personnelle mais qu'elle puisse aussi l'utiliser rapidement en cas de problème. Une simple déformation professionnelle que l'on ne pouvait changer.

Et puis ce pistolet gravé de ses initiales et du sceau de la Marine était l'un des précieux cadeaux offert par son père ; celui-là avait été pour son seizième anniversaire, quand il avait jugé qu'elle savait suffisamment se débrouiller avec une arme à feu pour lui en confier une sans avoir la crainte qu'elle ne se fasse sauter la tête tous les quarts d'heures.

Elle caressa discrètement la crosse en cuir de l'arme, observant avec une légère anxiété les quais à la recherche du navire qu'elle devait prendre.
En principe cela n'avait rien de compliqué puisqu'il n'y avait pas vingt milliards de bateaux qui partaient aussi tôt de la zone civile du port de Marineford. Et la plupart d'entre eux étaient généralement des navires marchands qui permettaient de nourrir l'entièreté des habitants de la cité.

- Seïri !

La brune tourna la tête vers la personne qui venait de l'appeler dans un grand geste de la main, lui jetant un sourire après l'avoir reconnu.

Himeno.
L'une de ses rares amies de l'école de cartographie.

Il fallait déjà spécifier que la gente féminine y était grandement minoritaire, ce qui expliquait son manque apparent de cercle social avec des gens de son âge.
Parce que contrairement à ce qu'on pourrait penser, elle s'entendait plus que bien avec les collègues et subordonnés de son père qui étaient tous plus proches d'être les parents de ses amis qu'autre chose.

Et la sublime jeune femme à ses côtés confirmait définitivement cette règle.

Fille d'un vice-amiral de la Marine sous le commandant d'Aokiji, Himeno était considérée comme plus qu'une jolie plante avec ses longs cheveux noirs et ses grands yeux d'un vert d'eau somptueux. Son corps était loin d'être à la ramasse, au point où leurs camarades de promotion les plus éméchés en venaient parfois à crier à qui voulait bien l'entendre qu'elle rivalisait avec Boa Hancock, ni plus ni moins.

Mais même la fille de l'homme de lave devait admettre qu'avec ses pommettes hautes et ses lèvres fines en forme de cur, son amie avait bien plus qu'un simple charme.
Elle était simplement ravissante.

Sauf que malheureusement pour tous ses échauffés du bulbe qui lui courait après et heureusement pour elle, Himeno était fiancée. C'était un mariage arrangé mais la principale intéressée s'en fichait bien, tant que son futur mari avait une réputation un minimum correct et avait suffisamment d'argent pour combler ses dépenses et ses besoins.

Si elle avait fait cette école, c'était en réponse à la pression de son père de prouver son intelligence à sa belle-famille avec l'obtention d'un diplôme prestigieux.
Et cela avait marché puisque sa fille s'était trouvée bien plus de prétendants acceptables que son vice-amiral de géniteur n'aurait jamais pu en imaginer. C'était aussi pour cette raison qu'Himeno ne travaillait jamais plus que le minimum syndical, avec le simple objectif d'obtenir ce foutu bout de papier comme elle le disait si bien elle-même.

La mémoire de papierOù les histoires vivent. Découvrez maintenant