65. Toi et moi 🍋

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⚠ Présence d'une scène sexuelle explicite ⚠

Seïri s'essayait actuellement à une toute nouvelle expérience.
Celle toute sauf naturelle et qui ne lui était permise que par les pouvoirs exceptionnels du fruit du démon de Marco.

Le vol.
Dans les airs. Sans plus aucune terre pour la retenir, pour lui rappeler que sa condition d'être humain l'obligeait à garder ses deux pieds sur le sol.

Ici... dans cette étendue infinie qu'était le ciel, il n'y avait rien de tout cela.
Plus d'attaches. Rien qu'eux deux, la nuit noire et les étoiles.

Et elle avait la sensation que ces lumières scintillantes l'appelaient indubitablement pour qu'elle se rapproche d'elles encore et encore, jusqu'à ce qu'elle puisse les toucher.
Même si la jeune femme savait bien que c'était humainement impossible, ces astres se trouvant à des années lumières d'eux... en un temps qu'elle ne pouvait qu'imaginer.

La brune ferma pendant quelques instants les paupières, ses yeux commençant à s'assécher sous l'effet du vent déchaîné qui s'abattait sur eux.
Enfin il aurait été plus correct de dire que c'est la forme filiforme et ailée du commandant de la 1ère flotte qui bravait la nature, sa chaleur naturelle l'empêchant de ressentir le froid alors qu'elle sentait par moment son regard inquiet sur elle, pour s'assurer de son état.

Honnêtement il n'avait aucune raison de s'inquiéter.
Car elle vivait actuellement l'un des meilleurs moments de sa vie, la sensation de liberté et d'extase qui l'envahissait étant tout simplement inexprimables.

Elle était libre.
Putain de libre.

Elle volait.
Alors seul un sourire était visible sur le visage de la cartographe, contemplant le paysage qui défilait à toute vitesse sous ses pieds comme une enfant devant ses cadeaux de Noël.

Elle ne l'avait pas remarquée plus tôt mais ils avaient quand même fait une sacrée trotte dans la forêt. Enfin il aurait été plus juste de dire que Marco avait marché vite et bien, la portant dans ses bras par la même.

Puis bien plus vite qu'elle ne l'aurait voulu en réalité, le Mobydick apparu dans leur champ de vision.
Seïri sentit sa respiration se couper alors que ses prunelles claires se perdaient dans les formes et couleurs du navire gargantuesque, sa proue de baleine blanche jurant avec le paysage noire et fantastique qui les entouraient.

Alors que Marco redescendait progressivement vers le bateau, la jeune femme sentant l'écume froide des vagues sur ses jambes elle détailla avec amusement les lucarnes illuminés de lampes à huiles, les ombres dansantes qui semblaient se mouvoir sur ce destrier des mers et la vie particulière qui l'habitait à cette période de la journée.
Un doux rire perça la barrière des lèvres de la brune, le plancher de bois se rapprochant de plus en plus d'elle, ses pieds s'agitant par réflexe à l'idée d'enfin retrouver la terre ferme.

Et voilà.
En un instant ils avaient atterri sur le pont désert du navire amiral de l'équipage de Barbe Blanche, ce qui était compréhensible au vu de l'agitation présente dans la ville d'Astrée. Quand ils étaient en escales, les aventuriers des mers avaient tout intérêt à profiter des plaisirs qu'on ne retrouvait que dans ce genre d'endroits

Seïri poussa un court soupir alors que, la tête lui tournant légèrement elle reprenait lentement contact avec la réalité. La moindre de ses cellules étaient encore toutes émoustillées de leur expérience inoubliable, les images pourtant si récentes du monde à ses pieds lui revenant déjà à l'esprit.

Elle avait été au-dessus de tout pendant de courtes mais précieuses minutes et elle remercia intérieurement le monde et le destin d'avoir fait croiser sa route avec celle des Spades et des Barbe Blanche.
Car alors qu'elle sentait finalement la main rassurante de Marco se glisser dans son dos elle fut persuadée d'une chose, son âme la plus profonde l'appelant à cette évidence.

La mémoire de papierOù les histoires vivent. Découvrez maintenant