38. Cours privés

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Seïri passa le pas de la porte de la salle de cartographie un peu trop tôt à son goût ce matin là.

En effet le soleil venait à peine de se lever sur la dernière des mers, ses rayons pâles du petit jour se reflétant avec une douceur des plus lactées sur l'étendue d'eau salée que le Mobycick traversait de toute son imposante taille ; le parfum frais de la zone printanière dans laquelle ils venaient d'entrer ravissant les pirates.

Mais elle s'était honnêtement trouvée démunie quand, étant victime d'une sale insomnie comme cela lui arrivait désormais une nuit sur deux elle avait été incapable de se rendormir sur sa couchette, gigotant dans tous les sens comme elle le pouvait.
Alors comme la brune craignait de ne réveiller Hélène et les autres jeunes infirmières qui partageaient son dortoir elle avait préféré se montrer productive. C'est à dire se pointer à 6h tapante dans son lieu de travail quotidien avec la ferme intention de continuer ce qu'elle venait à peine de commencer, soit la carte de l'île de Wano Kuni.

Le commandant Marco avait effectivement été très clair.
Faire ses cartes s'était sur son temps personnel.

Sur les heures de travail qu'il lui imposait, comme pour chaque homme ou femme sur ce navire elle bossait pour le bien de l'équipage de Barbe Blanche. Même si elle ne faisait effectivement pas partit des enfants de Shirohige.
Mais cela n'avait aucune importance à ses yeux. Car tous ses camarades allaient bien, y compris leur capitaine qui reprenait enfin du poil de la bête ; son nouveau statut d'invité en prime.

Et surtout, le plus important pour elle à vrai dire, elle pouvait fabriquer ses uvres.
Son responsable lui avait ainsi rendu tout le matériel de cartographie, y compris les cartes vierges, la plume et l'encre qu'ils avaient achetés avec Deuce voilà de nombreux mois maintenant. Après tout, et il avait bien appuyé sur ce point là en tentant d'ignorer les regards moqueurs de ses subordonnés... on était pas des voleurs ici et ce qu'elle avait acheté lui appartenait.

C'était bien avait-elle alors pensé, tout le monde pouvait apprendre de ses erreurs au moins !
Quoi qu'il en soit elle n'avait pour l'instant pas eu plus de temps que cela pour elle, ce qui faisait qu'à part s'être installé à l'un des nombreux bureaux de la pièce, avec l'accord du 1er commandant bien évidemment elle n'avait pas fait grand chose.

C'est pourquoi elle referma avec un grand soin la porte de la pièce, une détermination ardente et nouvelle brûlant dans sa poitrine alors qu'elle vérifiait tout de même qu'elle était bien la seule déjà arrivée.
Et la jeune femme poussa un soupir de soulagement quand elle remarqua que s'était effectivement le cas, même si le contraire l'aurait étonné sachant que les trois membres de la 1ère flotte étaient toujours les premiers à vouloir gratter de ridicules et minuscules minutes de sommeil. C'était sans parler de leur commandant dont les passages étaient tout simplement imprévisibles, tant il était occupé et demandé de partout.

Mais quand il passait, mieux valait être au poste et acharné à la tâche autrement...
La cartographe laissa échapper un doux rire de ses lèvres en pensant aux sermonts que s'étaient déjà pris Perez, Malo et Den depuis qu'elle était là ; n'ayant cependant jamais eu cet honneur personnellement. Apparemment l'homme le plus magnétique et étrange qu'elle ait jamais rencontré de toute sa vie n'avait jamais rien trouvé à redire sur son travail, pire elle s'était même déjà fait complimenter.

Seïri releva les épaules avec fierté alors qu'elle parcourait d'un pas rapide la salle de cartographie pour arriver au bureau qu'elle avait pris, et sur lequel était rangé l'entièreté de ses possessions lié à la seule chose qui lui restait de son ancienne vie.
Toutes ses observations ne menaient qu'à une chose, la bonne et excellente exécution de son plan du tout début qui était de faire la bonne fille travailleuse pour ne pas s'attirer d'ennuis. Bon deux des commandants de l'équipage commençaient sérieusement à l'agacer avec leurs clins d'il à répétition et leurs lourds sous-entendus dès qu'ils l'apercevaient, ne serait-ce que d'un millimètre... mais enfin ainsi allait la vie n'est ce pas ?

La mémoire de papierOù les histoires vivent. Découvrez maintenant