63. Opération date

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- Toi t'es vraiment un petit veinard.

- Oïe... est ce que tu pourrais au moins t'expliquer Thatch ? Ça fait bien cinq minutes que tu me répètes ça en boucle yoï...

- Mais c'est parce que tu m'énerves bordel !

- Hihihi ! Encore perdu Thatch t'es vraiment trop nul, donne tes berries.

- Oublie pas ma part aussi tiens !

Seul le geste rageur du commandant de la 4ème flotte de Barbe Blanche répondit à ses deux frères qui le dépouillaient avec joie de son argent ; Haruta et Vista affichant des sourires plus que lumineux sur leurs visages tannés par le soleil.
Parce que cette imbécile de banane avait la sale habitude de jouer aux cartes et faire des paris dès qu'il se sentait un peu frustré. Alors même qu'il était plus que lamentable à ce genre de jeu.

Voilà pourquoi quand leur frère avaient rejoints les trois commandants déjà installés sur le pont principal du Mobydick, juste à côté de la plateforme de débarquement personne ne l'avait empêché de se joindre à la partie que le lutin et l'épée fleurie avaient déjà commencés.
Marco lui ne faisait rien de plus que se fumer une cigarette, ses prunelles azurés parcourant de long en large le port et ses habitants pleins de vie qui circulaient dans de grands cris, apercevant de temps en temps certains de ses frangins dans la foule.

Il jeta un coup d'il amusé aux trois autres commandants en entendant le bruit des pièces de monnaie qui passaient d'une main à l'autre, le cuisinier de bord de leur équipage jurant il ne savait quoi dans sa barbe.
Marco ne savait pas ce qui lui prenait mais cela le faisait doucement rigoler. D'habitude il se serait peut-être un peu énervé, n'appréciant pas vraiment le fait de se prendre des insultes dans la gueule sans en connaitre ni la nature ni la raison.

Mais pas aujourd'hui.
Car il était déjà suffisemment sur les rotules comme cela pour se rajouter intentionnellement des problèmes qui viendraient s'empiler sur sa charge mentale.

Pour illustrer ses pensées le blond se tira une nouvelle taffe de nicotine dans un soupir, dégustant la sensation de chaleur addictive et de fumée qui emplit ses poumons ; le nuage gris s'envolant dans de langoureuses bourrasques dans le ciel bleu de ce début d'après-midi.
Cela l'aidait à détendre ses nerfs. Ce qui ne l'empêcha pas de jeter un coup d'il des plus angoissés à sa montre de poche toujours soigneusement rangée dans l'un des plis de ses vêtements. C'était le genre de trucs toujours utiles, surtout quand l'on était quelqu'un d'aussi occupé que lui avec un emploi du temps à faire peur. Même si aujourd'hui le motif était un peu différent.

Et c'est avec angoisse et acceptation que le commandant de la 1ère flotte de Barbe Blanche observa de son regard toujours aussi flegmatique la grande aiguille frapper les coups de quinze heures pile.
Il était temps.

Le temps du rendez-vous qu'il avait donné à Seïri, cette cartographe brune qui remplissait bien trop ses pensées ces derniers temps.
Celle qu'il désirait de plus en plus, sans qu'il ne puisse réellement l'expliquer. Au final ce n'était rien de plus que des sentiments, plus forts et plus virulents que d'habitude certes... mais des sentiments quand même.

Et il avait depuis bien longtemps, et en adoptant sa vie de piraterie décidé de ne pas les contrôler.
La liberté passait aussi par cela.

Soudain, le blond remarqua quelque chose d'inhabituel alors qu'il balançait sa cigarette terminée et encore fumante dans la mer juste en dessous de lui, la fixant pendant un court instant couler dans les abysses noires et infinies de Grand Line.

Il n'y avait plus un son.
Ce qui était tout sauf normal quand on savait à quel point Thatch et Haruta étaient des grands bavards, et tout particulièrement quand de l'argent était mis en jeu.

La mémoire de papierOù les histoires vivent. Découvrez maintenant