chapitre 13

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Une demie heure passe et je n'ai toujours pas de nouvelles de Dylan. J'espère qu'il ne m'a pas planté, si c'est le cas, il risque de le regretter amèrement. Je prépare déjà mon plan de vengeance. L'humeur de Vanessa s'est nettement améliorée. Je suppose qu'elle avait donc raison et qu'elle divaguait seulement.

- On va faire les boutiques cet après-midi ? Propose Vanessa, enjoueuse.

Émilie et Alice acceptent.

- Je vous rejoindrai en fin de journée si vous y êtes encore.

- Ok. Tu viens au match ce soir ? Me demande Vanessa.

Elle fait référence au dîner de ce soir, qui pourrait bien traîner en longueur et m'empêcher de voir le match.
Alice et Émilie entament une discussion toute les deux, ce qui me laisse la possibilité de parler librement à Vanessa.

- Je t'appellerai.

- Tu veux que je vienne avec toi, ce soir ?

Ça pourrait être une bonne idée, mais je ne veux pas l'embarquer dans des histoires de famille abracadabrantes une nouvelle fois.

- Non. Va au match et je te rejoindrai, j'écouterai juste ce que ce connard veut nous dire et je viendrai.

D'un seul coup, je ressens toute la rancoeur que je j'éprouve pour lui remonter à la surface. Je crois que je devrai éviter de mentionner son nom ou juste d'évoquer cette personne abominable pour ne pas gâcher mon après-midi moto.

Soudain, un vrombissement de moteur se fait entendre sur la route, dos à moi. Je me retourne. La moto... !
Je dois avouer que le spécimen assis dessus n'est pas mal non plus. Il retire le casque de ses deux mains, laissant s'échapper sa chevelure bouclée. Il est diablement sexy comme ça, avec son allure de bad boy. Il coupe le moteur. Je colle un bisou sur la joue de Vanessa, je récupère mon sac que mets sur mon dos puis je me précipite vers la moto. Je la contemple, émerveillée. Dylan passe sa jambe par dessus le siège, lorsqu'il pose les pieds à terre, il prend bien soin de mettre la béquille.

Dylan admire fièrement son jouet. On dirait un enfant qui découvre des cadeaux sous le sapin de Noël. Son regard me donne l'impression que je viens de découvrir une partie de lui, sans pour autant que je le connaisse vraiment.

La moto trône sur le trottoir, telle une bête noire, elle est agressive, imposante et surtout, magnifique

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La moto trône sur le trottoir, telle une bête noire, elle est agressive, imposante et surtout, magnifique. Un seul mot traverse mes lèvres.

- Wahou !

- Elle te plaît ? Il sourit.

- Carrément.

Je fais glisser le bout de mes doigts sur la carrosserie vernie noire.

- Tu as déjà conduis une moto, rassure-moi ? Je sens la panique dans sa voix et qu'il regrette déjà de me laisse conduire.

- Oui.

Je mens. Je suis sûre que je peux m'en sortir sans avoir poser ne serait-ce qu'une seule fois les mains sur le guidon. Je m'impatiente.

- Bon, on y va ?

- Ok.

Dylan se plante devant moi et me passe rapidement le casque sur la tête.

- J'en veux pas de ton casque.

Alors que je commençais à le retirer, Dylan presse ses mains aux extrémités de celui-ci afin de le maintenir en place sur ma tête.

- Garde-le.

Un détail capte mon attention.

- T'en mets pas toi ? De casque ?

- Non. Il est pour toi.

D'accord, je ne vais pas insister plus que ça. J'espère juste qu'on ne croisera pas les flics au bout de la rue. On pourrait se faire verbaliser pour "non respect du code de la route, à savoir, porter un casque". Si c'est le cas, je découpe la tête de Dylan avant même qu'il n'ai eu le temps de voir le montant de l'amende.

- Si on se fait arrêter, je te casse les dents, Dylan, je le menace.

- Je prend note.

Il enfourche la moto et s'installe confortablement sur le siège avant. Pourquoi se met-il ici alors que c'est moi qui est censée conduire ?

Avant même que je puisse en placer une, il me coupe.

- Tu conduiras au retour.

Sans discuter, je me hisse à califourchon sur la moto. Au moins, je pourrai regarder comment il conduit pour éviter qu'on se retrouve encastrés dans un mur.

- Tiens-toi à moi, m'ordonne-t-il.

Je n'aime pas les ordres mais je décide d'en faire abstraction pour cette fois parce que je suis trop excitée à l'idée de rouler, cheveux au vent, la vitesse...

Je passe mes mains autour de son abdomen puis je les rejoins devant. Je suis prête.
Il remonte la béquille d'un coup de pied vif puis démarre le moteur dans un bruit fracassant. J'aime le bruit du moteur qui tourne. Je ne tiens plus en place. Depuis le temps que je voulais faire ça...

Je me colle à lui pour le tenir comme il faut, il n'y a aucun espace entre nous malgré que le siège de derrière soit légèrement plus élevé que le premier. Je me cramponne à mon chauffeur.

Il démarre et je vois mes amies s'éloigner à une vitesse impressionnante. Nous sommes déjà au bout de la rue, à un croisement. Dylan s'engage sur l'autoroute, d'abord doucement, à une vitesse convenable, puis d'un seul coup, il accélère. Je décale ma tête sur la droite pour apercevoir le compteur. Déjà 130 km/h. J'aime la vitesse et le paysage urbain défile sous mes yeux.
Mes cheveux flottent au contact du vent. Dylan est très concentré sur la route.

Tous mes soucis s'effacent comme par magie, j'oublie tout et je profite de ce moment où je me sens comme, dans ma bulle. À chaque fois que Dylan bifurque, je sens ses abdos se contracter, c'est plutôt agréable.
L'autoroute est pratiquement déserte mise à part quelques camions de routier. Nous roulons de plus en plus vite pour mon plus grand plaisir. Nous dépassons chaque camion croisé en une fraction de seconde.

Au bout d'une dizaine de minutes totalement magiques, nous arrivons devant l'entrée du parking d'un grand centre commercial que je n'ai encore jamais vu. À vrai dire, je n'ai jamais vraiment eu l'occasion d'y aller. Les boutiques sont situées dans le centre de Marseille à quelques pas de chez moi. Ducoup, avec les filles, nous allons dans le centre pour éviter de prendre le bus pendant une demie heure. D'ailleurs, pourquoi m'emmène-t-il ici ? J'espère qu'il ne s'attend pas à un rencard ou un truc à la con dans ce genre-là. Dylan ralentit pour arriver à la vitesse limitée. Il se gare sur une place réservée aux motos, puis nous descendons. J'extirpe mon casque de ma tête avec difficulté, je lui tend puis il l'accroche simplement sur le guidon. Il n'a pas froid aux yeux celui-là. Il pourrait se le faire voler facilement. Ducoup, j'enlève mon sac à dos que je pose sous la moto.

Les cheveux de Dylan sont emmêlés et ébouriffés, ce qui le rend encore plus sexy. Néanmoins, je n'oublie tout de même pas l'épisode de ce matin et je compte bien le forcer à me rendre des comptes, qu'il s'explique.

- Pourquoi tu m'as emmené ici ? Je lui demande en contemplant le bâtiment devant moi.

Le centre commercial est tout simplement énorme, les murs sont en verre et il y a des petites lumière blanches qui clignotent autour de chaque vitre. Le mur est également orné de feuilles de lierre qui remontent jusqu'en haut du bâtiment.

- Prend ça comme... un signe de paix.

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