chapitre 31

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- Je peux savoir quel est le problème ? Me demande mon professeur, choqué par mon comportement récent.

Je n'ai aucune idée de ce qu'il s'est imaginé mais ça ne sent vraiment pas bon pour moi, quelque soit mon intention. Souffrance ou plaisir.

- Non, vous ne pouvez pas. C'est... personnel.

Il a un léger mouvement de recul. Toujours des conclusions hâtives.

- Bien. Tu seras collée demain...

Il se penche pour étudier son cahier puis relève la tête vers moi, en souriant.

- ... De dix sept heures, à dix huit heures. Ainsi que Dylan.

Cette dernière phrase ne m'enchante pas tellement que ça, mais cela pourra me permettre de lui briser une nouvelle fois les testicules s'il ne coopère pas rapidement. Et par la même occasion, recevoir des réponses. Je retourne m'assoir à ma place, Vanessa et Alice à mes côtés.

La classe est au complet, désormais. Ils sont tous debout, attendant patiemment, mais bruyamment, que le professeur demande de s'assoir. Celui-ci est d'ailleurs en train d'essayer de faire cracher le morceau à Dylan, mais il n'a pas l'air de vouloir obtempérer. Le professeur finit par lâcher l'affaire et congédie Dylan qui tient son heure de colle sous son bras.
Et paf ! Bon. Je suis collée aussi mais je chargerai mon téléphone à fond et je parlerai à ma meilleure amie en prenant soin de clouer Dylan sur sa chaise.

Furieux, Dylan regagne sa place. Les traits durcis. Je n'ai pas fini de te mener la vie dure, Dylan. Tant que je n'aurai pas ce que je veux, tu le regretteras.

- Chanel ! Je te ramène ! Hurle mon frère depuis la voiture de Christian.

Je lui fais un signe de la main pour lui dire que j'arrive puis je fais un bisou à Alice, Vanessa et Émilie, avec qui j'étais en train de discuter.

- Y'en a qui se font pas chier ! Ricane Vanessa en faisant référence à Alexandre qui est venu me chercher.

- Tu as la classe ou tu l'as pas ! J'accompagne mes propos d'un joli coin d'oeil et je m'installe confortablement dans l'Audi.

- Pourquoi tu es venu me chercher ? Je lui demande dans l'incompréhension la plus totale.

Il a un air grave.

- Quelqu'un t'attend à la maison. C'est important.

Je ne comprend définitivement rien. Qui nous attend ? Pourquoi moi ?

- Qu'est ce que cette personne veut ?

- Je ne sais pas, conclut-il en faisant rugir le moteur de la voiture. Il ment.

Durant tout le trajet, j'ai, pour une fois, fermé ma bouche et me suis contentée de regarder la mer défiler devant mes yeux. Les gens restent tard à la plage. À dix-huit heures, les plages sont encore pleines. Je dois admettre que c'est la meilleure heure, il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. C'est parfait.

Anxieux, Alexandre gare la voiture et en sort presque aussitôt. Il referme la portière et verouille la voiture. Je n'aime pas voir mon frère stressé comme cela. Ça ne présage rien de bon. Lui qui est de nature si posée, même en situation de stresse extrême. Sauf avec moi. Ou il est obligé de s'énerver pour que je m'exécute. Et encore.
J'emboite le pas à Alexandre qui se dirige vers la maison.

Soudain, il s'arrête. Il fait volte-face et plante son regard sombre dans le mien.

- Je suis déjà au courant. Et ça ne vas sûrement pas te plaire. Je te demande juste de ne pas t'énerver, me commande-t-il posément en me barrant la route.

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