Eddie n'avait pas dormi de la nuit.
Il avait attendu Buck, en vain, et il commençait sérieusement à s'inquiéter. Ça ne lui ressemblait pas cette attitude. Il avait demandé à tout le monde mais personne n'avait eu de nouvelles.
Personne ne semblait s'en inquiéter d'ailleurs, excepté lui.
Avec ce qui s'était passé la veille, dans la supérette, ses amis trouvaient normal qu'il ne veuille pas leur parler.
Buck avait été maladroit avec ses excuses mais Buck était toujours maladroit quand il essayait d'être sincère.
C'était aussi pour ça qu'il l'aimait, sa maladresse touchante.
- Des nouvelles ? demanda Lena, en le voyant consulter de nouveau son téléphone.
- Aucune, admit-il. Il ne répond pas à mes appels et il ne lit même pas mes messages.
- C'est bizarre.
- Je ne comprends pas, souffla-t-il. Je lui ai dit que je l'aimais. Je dois faire quoi pour qu'il revienne ?
- Les histoires d'amour, ce n'est pas trop mon truc, mais j'admets que là, je ne comprends pas son comportement.
- On est d'accord, explosa-t-il. Ça ne vient pas de moi. Il y a un truc pas normal.
- Je ne le connais pas assez pour savoir si c'est normal ou pas mais il aurait au moins pu te répondre pour te dire oui ou merde.
- Non, ce n'est pas normal, confirma-t-il. Il y a un truc qui cloche. Il a peut-être eu un accident.
- Tu n'as aucune raison de penser ça.
- Il ne répond pas, argumenta-t-il. Il n'est pas chez lui. Personne n'a de nouvelles depuis presque vingt-quatre heures. C'est inquiétant.
- Et tu vas faire quoi ? Appeler tous les hôpitaux de la ville jusqu'à ce que tu ais des nouvelles ?
- Ouais, s'il le faut.
Lena soupira.
Eddie savait qu'il commençait à l'excéder. Elle non plus n'avait pas beaucoup dormi. Il lui avait tout dit, leur rencontre, leur relation, leurs sentiments, tout dans les moindres détails.
Il n'y avait qu'avec elle qu'il pouvait véritablement en parler.
- D'accord, grogna-t-elle, en sortant son téléphone. Je vais t'aider.
Eddie la remercia d'un hochement de tête.
C'était vraiment une chic fille. Il allait devoir la remercier comme il se devait, parce que franchement, en ce moment, il n'était vraiment pas un cadeau.
- Excusez-moi, les interrompit une voix masculine à l'entrée de la caserne.
Eddie se redressa en même temps que Lena, qui déjà se rapprochait du jeune homme.
Il était environ de sa taille et de son âge, musclé, le teint mat et gardait un petit sourire au coin des lèvres.
- On peut vous aider ? demanda-t-elle.
- J'espère, sourit-il. Je cherche Evan Buckley. Je crois que son téléphone a un problème. Je n'arrive pas à le joindre.
Eddie jeta un œil à Lena.
Apparemment, personne n'arrivait à le joindre. C'était rassurant parce que ça voulait dire qu'il ne le bâchait pas volontairement. Mais ce silence l'inquiétait.
Venant de Buck, un silence était par nature inquiétant.
- On a des difficultés à le joindre aussi, affirma-t-elle. Vous êtes un ami ?
- Je suis son petit-ami, rectifie-t-il en le toisant.
Eddie cessa de respirer tant la nouvelle l'assomma.
Depuis quand Buck avait-il un mec ?
Il ne lui en avait jamais parlé. Cette nouvelle lui creva le cœur. Il s'était dévoilé, avouant ses sentiments et il se les prenait en pleine face dans un revers cruel.
Il fit de son mieux pour retenir les larmes qui lui brûlaient les yeux.
- Je m'appelle Miguel Crùz, lâcha l'homme en lui tendant la main.
- Il n'est pas ici, articula Eddie, en l'ignorant. Il a été suspendu. Excusez-moi.
Il les quitta rapidement.
C'était trop dur. Buck l'ignorait et maintenant ça ? Mais c'était quoi son problème à ce crétin ? Pourquoi il n'acceptait tout simplement pas ses sentiments pour lui ?
Il n'était vraiment qu'un putain de connard.
Il s'enferma dans le vestiaire et se laissa glisser le long du mur. Il avait du mal à ne pas se laisser submerger par le chagrin. Une immense boule lui obstruait la gorge et son nez commençait à se boucher. Il allait pleurer comme une fille pour un chagrin d'amour et il se maudissait d'être aussi con.
Il ferma les yeux.
C'était tellement douloureux de savoir qu'il l'avait perdu, qu'il avait été remplacé. Il s'en voulait terriblement aussi, d'avoir été aussi con.
- Est-ce que ça va ? lui demanda Lena.
- Non, souffla-t-il en essuyant les larmes, qui roulaient à présent sur ses joues. J'ai tout fait foirer. Ou alors, il s'est bien foutu de ma gueule.
- Je ne crois pas que ce type-là était prévu dans l'équation, admit elle.
- Ah ouais ? railla-t-il. Tu n'as pas entendu la même chose que moi ? C'est son mec, putain.
- Au mieux, un coup d'un soir, affirma-t-elle.
- Mais qu'est-ce que t'en sais, en fait ?
- On a parlé deux minutes.
- Et ?
- Ils sont ensemble depuis hier soir. Ça ne tient pas, Eddie. Buck et toi, vous vous tournez autour depuis dix ans. Et là comme par hasard ce mec lui met le grappin dessus en une nuit. Je ne crois pas.
- Alors, pourquoi il vient me balancer en pleine tronche qu'il est son mec ?
- Par jalousie, affirma-t-elle doucement. Ça m'étonnerait fort que Buck soit au courant de ça. En plus, je pense que s'il n'arrive pas à le joindre c'est parce qu'il a dû lui refiler un faux numéro, ou alors il le black-liste.
- Moi aussi je suis black-listé, je te rappelle.
- Dans ton cas, c'est temporaire. Il va revenir vers toi. Tu lui as fait une vraie déclaration d'amour, il ne peut que revenir.
- Ou alors il va me préférer ce type.
- Impossible, lui sourit-elle. Tout le monde sait que l'original est toujours mieux que la copie.
- Lena, tes métaphores sont un calvaire à déchiffrer et ça commence à me gonfler, la rabroua-t-il.
- Tu l'as regardé deux minutes ? soupira-t-elle.
- Ouais justement et je ne vois pas ce qu'il peut lui trouver.
- Eddie, c'est ton portrait craché.
- Tu plaisantes ? s'étrangla-t-il. Je n'ai rien de commun avec ce type.
- Vous avez les mêmes caractéristiques physiques, insista-t-elle. Vous êtes tous les deux des latinos, bien foutus et vous avez tous les deux un faible pour un certain grand blond.
- La ferme.
- Eddie, ce type n'est, au mieux, qu'un substitut de toi. Il va vite disparaitre du paysage.
Eddie n'osait y croire mais il garda cette lueur d'espoir bien en tête.
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9-1-1 - Je te promets
Fanfiction"Je t'aime. Je pense à toi, tout le temps et ça me rend fou. J'ai besoin de toi, de ta peau, de tes baisers. Je n'en peux plus de te voir sans pouvoir te toucher, t'embrasser. Donne-moi une chance !" Ce message, arrivé par erreur sur le téléphone de...
