-Aron-
— C'est quoi ce bordel... Peinais-je à murmurer.
— Si tu voyais ta tête ! Dis Boris visiblement très amusé par la situation.
— Enculé, qu'est-ce que tu lui as fait ? Crachais-je les dents serrées.
— Moi ? Je ne lui ai rien fait ! Elle s'est laissée faire.
Je serre mes poings de toutes mes forces, tellement que mes ongles s'incrustent dans ma peau, pour essayer de contrôler cette rage immense qui me consume. Mais chaque seconde embrase un peu plus que la précédente le feu qui brûle mon âme.
Je n'arrive pas à regarder le mur devant moi, ou plutôt celle qui y est accrochée. Je ne peux pas voir ça... Je ne veux pas voir ça...
Boris, d'un grand geste théâtrale, décide de commencer le récit des faits et de comment ils en sont arrivés à cette situation. Les deux seules choses qui m'empêchent encore d'avancer pour lui refaire le portrait sont le choque et le vertige, dû aux coups sur ma tête ou bien à l'image obsédante dressée devant moi, qui ne manque pas de me rappeler que je vais m'écrouler au sol si je bouge ne serait-ce que le petit doigt.
— Alors... par où commencer ? Ah oui je sais ! Ta chère recrue est partie à mes trousses après que vous ayez tentés de me tuer lâchement. Sauf que ce que tu n'as pas anticipé, toi Ô grand stratège dépassé par sa réputation, c'est que cette fille n'est pas tout à fait celle que tu crois...
Je sais d'avance ce qu'il va me raconter, je sais qu'il va me dire que Rose est en réalité LA Rose Anderson, je sais que cette fille est un poison et que de notre collaboration il n'en découlera rien de bon, je sais tout ça. Pourtant, je ne peux m'empêcher de blêmir quand Asarine prononce :
— Cette fille c'est Rose Anderson et elle a été envoyée par l'Italie pour te plumer comme un jeune.
Visiblement satisfait des révélations qu'il est entrain de me faire, l'enfoiré devant moi arbore un large sourire sadique que je me maudis de ne pas faire disparaître immédiatement. Je rassemble toutes mes forces pour tenter d'aligner deux mots dans une pitoyable phrase qui sonne faux à mes propres oreilles :
— J'en ai rien à foutre de ce que tu me racontes.
— T'as retrouvé ta langue on dirait ! Et si maintenant je te racontais pourquoi elle s'est laissée faire cette garce ?
Je veux partir d'ici, faire en sorte que tout cela n'ait pas existé, laisser la douleur loin de mon corps, sauver le peu de pureté qu'il reste encore dans mon âme, sauver ma peau comme j'aurai aimé sauver la sienne.
— On va faire des devinettes, je suis sûr que tu vas trouver tout de suite. A ton avis, quel est le point commun entre moi et cette fille ?
— Ferme ta gueule.
— Non c'était pas ça la réponse. On bosse tous les deux pour l'Italie... Ou plutôt pour ton meilleur copain. Allez, dis-le, je sais que tu as deviné de qui je parle.
— Ferme-là putain. Crachais-je, sentant la colère envahir de plus en plus mes membres en annihilant toutes sensations que ce soit.
— Enzo ! Tu sais Enzo Caronti, ton ennemi juré, celui avec qui vous vous faites la guerre depuis des années et des années, ton plus grand rival, tout ça tout ça... Le monde est petit, on a le même employeur. Déplore-t-il faussement.
— Mais ce n'est même pas ça le plus drôle ! Tu connais Enzo comme moi, quand il n'a pas ce qu'il demande, il punit. C'est lui qui décide de ce qu'il a ou n'aura pas, il gagne avant même d'avoir commencé à jouer. Avec une puissance pareille, la célèbre Rose Anderson aurait dû se douter qu'on ne se mesure pas à lui à moins d'avoir une main très chanceuse. Malheureusement pour elle, le message était mal passé.
Tandis qu'il continue de monologuer, la haine pure et dure qui se déferle dans mon corps anesthésie tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la douleur. Je ne sens plus rien, c'est comme si mon corps se régénérait sous la colère, ou peut-être est-ce de l'adrénaline. Je suis conscient que celui-ci n'est pas remis à neuf, mais ce dernier effort qui s'apparente à l'instinct de survie sera dirigé dans l'accomplissement absolu du meurtre de ce connard d'Asarine.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
