-Aron-
Ça fait à peine quelques jours que j'ai quitté l'hôpital.
Depuis ma sortie, je n'ai fait que travailler, réparer le retard, devancer l'avenir, établir des stratégies dans tous les sens, lire des documents ennuyants et signer comme si j'y avais prêté attention, ordonner, ré-affirmer mon autorité...
Ce qui rend la discussion que je suis entrain d'avoir avec Arthur et Eden bien plus agréable que mes activités habituelles, bien qu'en d'autres circonstances elle m'aurait déplu au plus haut point.
— Raconte-nous ce qui s'est passé en bas. Me quémande, toujours les mêmes, Arthur et Eden.
Je pousse un long soupir ne comprenant pas en quoi ces détails pourraient avoir de l'importance, mais je me lance quand même dans le récit des événements passés, pour leur plus grand bonheur :
— Après avoir plus ou moins réglé la menace des hommes de Boris au cas où il appellerait un renfort malvenu, je les ai rejoints. C'est le moment où nous nous sommes croisés. J'ai écouté la voix d'Asarine qui, mégalomane comme il est, parlait tout seul, pour me guider à eux. Et... Quand je suis entré... Des flash me reviennent en mémoire et malgré tous mes efforts pour oublier cette scène, rien n'y fait, il ne passe pas un jour sans que j'y repense. Quand je suis entré... Reprenais-je péniblement, essayant de chasser ces souvenirs intrusifs. Elle était accrochée au mur ou plutôt... Crucifiée... Tandis que Boris baladait ses mains sales sur son corps déjà dénudé. Je... J'ai jamais eu autant envie de vomir en voyant quelque chose, à tel point que j'ai cru que je n'entrerai jamais là-dedans.
Je marque une pause dans mon récit pour laisser le temps à mes interlocuteurs d'appréhender ce que je raconte. Je ne veux pas voir leur visage même si j'entends Eden blêmir. Je fuis honteusement leur regard faisant tourner ma chevalière autour de mon doigt, dans une tentative désespérée de distraire mon esprit qui prend un malin plaisir à me torturer à coup de flashback.
— Et bref, il racontait des conneries, ça m'a mis hors de moi du coup j'ai commencé à le cogner, c'est là que j'ai découvert que cet enfoiré était armé. Mais pendant que je me chargeais de son cas, Rose à...Elle a... Je lâche un rire sarcastique me moquant de moi-même. Je ne sais même pas comment décrire ça. Le fait est tel que d'une manière ou d'une autre j'ai compris qu'elle vivait encore. Parce que oui, aveuglé par la colère je n'ai même pas pensé à vérifier. Mes poings se serrent d'eux-mêmes, rancœur éternelle de mes actes.
Toujours sans relever la tête, je vois apparaitre la main d'Eden dans mon champ de vision réduit, elle vient la poser doucement sur la mienne et me force à desserrer les poings.
— Ne t'en veux pas, beaucoup n'auraient rien fait à ta place.
— Tu parles... Chuchotais-je contre moi.
Mais elle comprend que ce n'était pas le moment puisqu'elle n'insiste pas mais prolonge, cependant, le contact.
— J'essaye donc de la détacher, le plus délicatement possible, mais je n'avais aucune idée de comment m'y prendre, j'ai sûrement dû aggraver les choses. Je l'ai allongé sur le sol, là où vous l'avez trouvé. Et elle... Elle respirait à peine, son coeur battait au ralentit et elle tremblait, de tout son corps, à cause de la douleur ou du froid, je ne sais pas. Son corps était moite et pâle et je ne savais pas quoi faire.
Juste me rappeler des faits j'ai l'impression de l'avoir là, dans mes bras, je revis la scène, chaque sensation, l'odeur, le toucher, l'ambiance, tout revient à moi comme si j'y étais de nouveau.
— J'ai donc improvisé un bandage qui n'a pas dû servir à grand chose. Et pendant que j'essayais de réfléchir pour l'aider, Asarine m'a envoyé un couteau dans la cuisse. Je n'avais pas vu qu'il lui restait une arme, pour moi il n'avait que son flingue. Bref, je me suis relevé et ai laissé le flingue à la hauteur de Rose, hors de la portée de Boris. Je me suis avancé vers lui déterminé à en finir mais sans trop comprendre comment, je finis au sol, il est au dessus de moi et c'est à son tour de me frapper. Sauf qu'il cogne mon crâne et ça me fait immédiatement perdre connaissance. Et à ce moment-là, Rose achève Boris d'une balle entre les deux yeux. Puis vous êtes arrivés à peu près là. Ecourtais-je d'une voix plate.
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DÉSERTEURS
Storie d'AmoreAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
