-Aron-
Quatre jours après la visite de Arthur, je me décide à, enfin, aller voir ce qu'ils ont bien pu faire comme conneries dans mes affaires.
Je redoute le pire...
Quand je sors de la maison, le froid hivernal me surprend. C'est vrai que ça fait un petit moment que je ne suis pas sorti de chez moi mais je ne nous pensais pas si avancés dans la saison. Un nuage de fumée s'échappe de ma bouche, alors je prends le temps d'observer le paysage qui se dresse devant moi.
Le gel est omniprésent et pâlit toutes les couleurs qui subsistent, les graviers de l'allée ne s'égrainent plus malgré mes pas, ils sont collés entre eux à cause du froid, le bruit que mes chaussures font sur le sol est distordu. Tout semble arrêté, le vent ne fait plus bouger les feuilles des arbres qui sont maintenant toutes tombées, les oiseaux ont, aussi, arrêté de chanter, préférant des climats plus chaud que celui de la Russie en plein hiver, l'odeur de l'été à laissé place à celle du froid. Et je reste là, en mouvement, me détachant du paysage figé, seule source de chaleur dans cet espace libre.
Je dois avouer que je me suis toujours plu davantage en hiver plutôt que dans les saisons chaudes. J'adore la Russie pour ça, ici, l'hiver est tranché, acerbe, il élimine toutes sortes de vies non préparées à lui résister et chasse tout le superflu ne demeure que ce qui doit être à sa place, pas d'acoquinage avec je ne sais quoi d'inutile.
Je finis par entrer dans le garage pour prendre ma voiture et me diriger vers ce qui m'attend.
Quelques dizaines de minutes plus tard j'arrive devant le grand portail noir imposant. Je n'ai pas besoin de baisser ma vitre teintée pour qu'ils vérifient mon identité.
Ici, je suis craint, et il n'y a qu'à ça que je peux me fier.
Je traverse les pièces qui me séparent de mon bureau sous les regards de mes hommes. Ma présence ici est importante, je reviens malgré tout ce qui s'est passé, malgré les blessures, malgré mon omission mais surtout grâce à la réussite.
Je finis par rejoindre la porte qui ferme l'espace qui m'est dédié, je pose ma main sur la poignée et prend une grande inspiration avant de voir les saccages que Arthur et Eden ont pu faire.
J'entrouvre la porte et me faufile par le trou, je ne prends pas le risque de l'ouvrir en grand, on ne sait jamais ce qu'ils ont pu faire et il est hors de question que quelqu'un voit ça, même si personne n'ose regarder ce qu'il y a dans mon bureau sans y être convié.
A l'intérieur de la pièce, tout semble en ordre, mon regard la balaie de droite à gauche à la recherche de quoi que ce soit mais rien ne me saute aux yeux. Il y a toujours les fauteuils beiges au milieu de la pièce, posés sur un tapis simple, au milieu de ceux-ci demeure une table basse en verre qui abrite des bouteilles d'alcool, derrière ces meubles il y a toujours la marche qui fait office d'estrade sur laquelle trône mon bureau en bois noir, imposant, maître de cette pièce, et derrière lui une bibliothèque qui prend toute la largeur du mur. Les dossiers posés sur le bureau sont en ordre, le cadre et la photo sont toujours là, la lampe n'a pas bougé d'un centimètre, les livres n'ont pas été dérangés non plus.
J'ai beau observer comme il le faut je ne comprends pas de quoi retourne leur "surprise". Je finis par m'avancer, non sans baisser ma garde, vers le meuble-roi. Une fois que j'ai monté la marche, j'aperçois dans la seconde une enveloppe posée au centre de mes affaires. Je reconnais facilement l'écriture soignée de Eden sur celle-ci.
« Aron »
Je saisis mon ouvre-lettre qui était posé à plat à côté de ma main.
VOUS LISEZ
DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
