Chapitre 63 - Silence

50 3 0
                                        





















































.


.


C H A P I T R E
63

SILENCE



































































-Rose-



Quelques heures plutôt :





— Vous le faites parce que vous y croyez. Moi je le fais parce que ça m'est pratique. Assène Aron. Vous voyez, on n'a rien en commun.

Si j'avais ouvert le bal des négociations houleuses, on eut dire qu'il ne l'a pas clôturé. Ça doit bien faire une bonne demi-heure que la discussion tourne à vide. C'est-à-dire qu'il est davantage question d'égo que de logistique ou de compromis.

— Si nous n'avions rien en commun, vous ne seriez pas assis à cette table depuis plusieurs heures déjà. Rejette Venturini.
























































Et les discussions sont allées ainsi encore un bon moment. Tellement que 'jai fini par perdre le fil de leur échange. Il me semble qu'ils ont conclu un arrangement quant aux frappes, unir leurs forces pour faire plus de dégâts mais ils conservent une indépendance totale vis-à-vis de l'autre.


Tout ce temps perdu pour ça...

On le savait déjà avant même d'entrer dans la pièce.


Le vent frais qui rabat mes cheveux derrière mes épaules me ramène à l'instant présent, celui dans lequel je m'ancre, ici, sur ce toit, assise les jambes ramenées près de mon corps. Je pousse un long soupir qui se matérialise par une fumée volatile.

Alors c'est vraiment fait. J'ai vraiment signé un énième accord qui m'implique dans une guerre. Moi qui tendais à trouver une sorte de paix. On peut dire que j'ai échoué sur ce coup-là. Mais est-ce que j'aurais pu me regarder dans le miroir en sachant que j'ai choisi d'ignorer ces gens qui sont contraints de vivre sous la tyrannie ? Tyrannie qui vient d'Enzo qui plus est. Je suis bien placée pour savoir que sa cruauté n'a pas d'égal.

Je chasse ces souvenirs qui m'assaillent aussitôt... Bien qu'un ne semble pas vouloir quitter mes paupières : cette balle, tirée à toute vitesse, allant se ficher directement dans son dos. Il n'aura que d'une seule munition pour faire disparaître tout ce qu'il a été, comme s'il ne valait rien.

Qu'est-ce qu'il aurait fait à ma place ? Aurait-il accepté la guerre ? C'est une guerre juste après tout... Qu'est-ce que je raconte, une guerre est une guerre et je l'ai toujours connu foncièrement opposer à cela.


Pourtant, il marchait aux côtés de Venturini, autrefois...


Le goût amer de la trahison envahit ma bouche.


Il ne m'en a jamais parlé, putain.


Qu'est-ce qu'il m'a caché d'autre ? J'en viens à douter, est-ce que je le connaissais vraiment ? Quelles autres informations a-t-il choisi d'omettre ? Parce qu'il est bien question de ça, il a eu mille et une occasions pour me parler de lui, de toute cette merde dans laquelle il a mis les pieds, il n'en a jamais rien fait.

DÉSERTEURSDes histoires addictives. Découvrez maintenant