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C H A P I T R E
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ÉGARÉ
-Aron-
Je me passe une main nerveuse dans mes cheveux et les ébouriffe. Cette maison n'a jamais autant ressemblé à une prison qu'actuellement. Anderson travaille en haut dans mon bureau, de temps en temps j'entends des râles étouffés, signe qu'elle n'arrive pas à faire ce qu'elle veut. Pendant ce temps, je suis dans le salon, accoudé à l'îlot de la cuisine, à essayer de régler des problèmes qui n'ont strictement aucun intérêt pour moi.
C'est toujours histoire de logistique ou de groupes récalcitrants. Rien qui ne vaille vraiment mon attention.
La voix déformée d'Arthur à l'autre bout du combiné réactive la lassitude qui a pris racine dans mon esprit.
— D'accord, je transmettrai.
— Merci, Arthur.
Je vois enfin le bout de cette conversation qui a débuté il y a plusieurs heures quand on m'a annoncé une énième crise. La rumeur selon laquelle Caronti serait en train de me battre circule plus que je ne le voudrais et on essaie de prendre ma place. Il y a des complots, des embuscades, des alliances, tout ça dans le but de défaire notre organisation et d'y implanter la sienne.
Si je dois bien reconnaître une chose, c'est que l'italien sait frapper de l'intérieur. Il réussit à faire vaciller l'ordre établi depuis plusieurs dizaines d'années sans avoir envoyé une seule frappe.
L'étau se resserre.
Et le temps commence à presser.
— Au fait, ça avance l'opération contre Caronti ?
Il en arrive aux mêmes conclusions que moi.
— Je ne sais pas trop. Je dois voir les Vietnamiens demain en fin de journée et Anderson s'arrache les cheveux sur des plans depuis plusieurs semaines déjà.
— Hmm.
Il y a beaucoup trop d'inconnues et si peu de réponse que c'est comme naviguer au beau milieu d'une tempête.
— Et d'ailleurs... Commence-t-il avec une voix qui me fait directement lever les yeux au ciel. Ça fait longtemps que tu ne m'as pas parlé, comment tu vas ?
— Bien. Répliqué-je du tac au tac pour essayer de me défaire de la tournure qu'à pris cette discussion.
— Oui, je n'en doute pas. Ironise-t-il. Soit ça va, en effet, très bien comme tu le dis, soit tu te caches. Et, bizarrement, je sais que c'est la deuxième option.
— On est vraiment obligés de jouer à ça ?
Je sors une cigarette, que j'allume, assortie d'une bouteille et d'un verre, je m'en verse un fond que j'avale d'une traite, comme si ça pouvait m'éloigner de cette conversation.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
