TW : évocation d'automutilation 🦓
-Aron-
Je suis à quelques centaines de mètres de la maison, après avoir eu la nouvelle je n'ai pas attendu une seconde pour prendre un vol retour et rentrer en Russie. J'ai bien trop de questions à lui poser.
J'ai déposé Arthur il y a quelques minutes chez lui, mes mains n'ont pas arrêté de tapoter anxieusement le volant depuis le début du trajet. Mon dos est si tendu qu'on croirait qu'il y a un bâton en dessous de mes vêtements pour me faire tenir si droit. Mais c'est plus fort que moi, tout est mélangé dans ma tête, je passe de la colère à l'appréhension et du doute à l'incompréhension. J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je n'arrive pas à saisir. Cette fille qui était prête à tout abandonner ne peut pas être le point convergent de toutes les organisations. Elle ne peut pas renoncer à sa vie alors qu'elle aurait manipulé toute la hiérarchie italienne et influer sur l'Europe toute entière. Ou alors a-t-elle délégué ses pouvoirs ? Peu importe les scénarios que je m'imagine, aucun ne sont vraisemblables.
Et pour avoir de vraies réponses, il n'y a qu'une seule solution : aller les chercher à la source.
Je fini par me garer dans l'allée, ne prenant pas le temps de me placer correctement dans le garage. Je ne suis motivé que par ma conviction, comme un fou ne vivant que pour une seule idée. Mon corps ne répond plus de moi, seulement de ce besoin de connaître la vérité et de comprendre à quel point je ne suis qu'une poussière dans la tornade qu'elle manie chaque jour qui passe.
Et dire que je pensais avoir l'avantage sur elle.
Je te l'accorde Anderson, 1-0.
Sans avoir ralenti l'allure, ma main se pose sur la poignée de porte, bien déterminé à en finir une bonne fois pour toute. Je pénètre sans ménagement dans la pièce, pas surpris de la voir assise à l'îlot de la cuisine.
Je me doutais bien qu'en laissant les rênes à Eden, elle ne la garderait pas longtemps loin d'ici.
Elle se tourne vers moi, plus curieuse de connaître la source du bruit que de me voir, à en juger par son expression qui s'est nettement relâchée dans un élan de lassitude en m'apercevant.
Mais alors qu'elle est plus qu'agacée de me voir ici, et qu'elle s'apprête à détourner le regard pour continuer ce qu'elle était en train de faire, moi je vois tout.
Aucun détail ne pourrait m'échapper, ils sont si flagrants. Tout me parvient, dans une clarté si hallucinante qu'il me faut quelques instants pour me remettre d'aplomb.
Son visage est pâle, bien plus que d'habitude, à vrai dire, il est aussi maigre, comme tout son corps. Elle a dû perdre beaucoup de poids depuis que je l'ai vu. De larges cernes marquent son visage, témoins infaillibles d'un manque de sommeil cruel, tandis que les yeux qui les surplombent sont tout aussi fatigués. Ils ne brillent plus, ils sont ternes, usés, presque lessivés, la lumière s'y réfléchit par dépit, un mélange vitreux et translucide. Tellement que je doute même les avoir vu vivants avant ça. Ses lèvres sont sèches et rougies, comme si elle ne faisait que de les mordre ou d'arracher les peaux mortes sans les hydrater une seule fois.
Ses cheveux aussi sont différents, si elle n'avait pas tourné aussi brusquement la tête, surprise par mon arrivée, je n'aurais probablement pas eu l'occasion de le voir. Ils sont restés noirs, en apparence, mais la partie inférieure est colorée en rouge, discrète, visible qu'à de rares moments. Une espèce de secret à découvrir, une invitation à l'imagination.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
