•
.
.
C H A P I T R E
67
CE SOURIRE
-Rose-
Je ne comprends pas pourquoi Aron ne bouge pas, il devrait regarder la menace qui arrive plutôt que ce gars attaché qui ne bougera pas tant qu'on ne le libère pas. Je n'ai pas le temps de lui demander ce qu'il fabrique quand une silhouette se dessine derrière lui.
Je vois une main puissante se poser sur son épaule, main qu'Aron retire tout de suite d'un mouvement de buste. Je ne suis pas sûre de comprendre tout ce qui se trame.
L'arrivant est enfin assez proche pour que je vois son visage. Il ressemble beaucoup à... À celui que j'ai assommé un peu plus tôt. A quelques exceptions près, il paraît plus vieux, ses cheveux sont plus longs, ils lui arrivent aux épaules tandis que les mèches de devant sont attachées en un chignon à l'arrière. Il a le même genre de tatouage mais le sien remonte sur son visage.
Quand il aperçoit ce que je devine être son collègue, il explose dans un rire qu'il ne contrôle pas. Il ne m'a même pas remarqué, il préfère se moquer de l'autre.
Il se reprend petit à petit et se redresse.
Il me remarque enfin et ses yeux passent de moi à l'inconnu sur la chaise, seulement là, je le vois comprendre le lien et il étouffe à nouveau un rire.
— Eh bien, mon frère, on dirait bien que t'as pris une sacrée raclée. Dit-il en anglais avec un accent qui distord un peu ses mots.
L'autre lève les yeux au ciel mais il ne peut rien répliquer à cause de ce que je lui ai mis dans la bouche.
— Quand tu m'as dit que tu avais quelque chose à récupérer chez moi, t'aurais peut-être dû préciser sa nature. Gronde Aron, beaucoup moins amusé que lui.
— Je ne pensais pas qu'il irait jusque-là. Mais j'aurais dû m'en douter puisqu'il ne répondait plus.
L'homme s'avance vers mon prisonnier tandis qu'Aron le laisse faire. Une pointe d'indignation me transperce la poitrine mais je fais en sorte de la taire. Je préfère qu'ils me voient comme celle qui s'est débarrassée seule d'une menace que comme celle qui quémande des réponses.
Même si je compte bien les exiger plus tard.
— Ouais, t'aurais dû t'en douter. Poursuit Aron, accusateur.
L'homme que je ne connais pas s'affaire à détacher les nœuds que j'ai si bien serré et je l'entends marmonner des choses dans la même langue que son frère. Puis il reprend plus haut à l'intention du propriétaire de cette maison :
— Tu ne devrais pas t'en faire autant pour elle, regarde-moi ça. Elle fait les choses sérieusement. Tellement que je ne sais pas si je vais réussir à défaire tout ça.
Aron range son arme et boitille jusqu'au plan de travail, il aperçoit les effets personnels de ma victime ainsi que le couteau dont je me suis servie pour arriver à mes fins. Il le prend entre ses doigts et le détaille comme s'il ne l'avait jamais vu. Puis il finit par se tourner vers moi, il cache son amusement mais une lueur dans ses yeux le trahit tandis qu'il s'approche des deux hommes.
VOUS LISEZ
DÉSERTEURS
RomansaAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
