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C H A P I T R E
59
POISON
-Aron-
Elle était là, irréelle sous moi. Ses cheveux éparpillés sur le sol blanc, son visage dégagé et rougit par le froid. Si je n'entendais pas mon cœur tambouriner dans mes oreilles je me serais cru dans un rêve.
Elle était magnifique, putain.
Mais c'est dans ses yeux que j'ai perdu pied.
Encore et encore.
Il n'y a pas de mots pour décrire ce que son regard transportait avec lui, mais c'est tout un monde qui s'est tourné vers moi. Un monde dans lequel je me suis empressé de plonger. Je n'ai pas pu m'en empêcher, j'ai perdu le contrôle.
Ça ne m'arrive qu'en sa présence, bordel.
Mais quand mes lèvres lui ont arraché quelques gémissements étouffés, j'ai compris que je venais de me déclarer la guerre. Ou du moins que ma raison l'a fait à ce qui palpite sous ma chair.
J'éteins l'eau qui perle sur mon corps pour essayer de chasser ce souvenir. Mais il ne fait que de revenir en boucle sans que je puisse y échapper. Je sors de la cabine et enroule une serviette autour de ma taille.
Ça me revient par flash, ses lèvres gonflées, rouges, d'avoir partagé ce péché avec moi.
Putain il faut vraiment que je me la sorte de la tête.
Ce n'était qu'un baiser, comme j'en ai eu mille autres.
Mais alors pourquoi il n'y a qu'elle qui revient ?
Je me pencherai sur ce détail incommodent plus tard, pour l'heure je dois me rendre à mon bureau à l'autre bout de la ville. Ces derniers temps j'ai mis mon boulot sur pause pour gérer toute la merde qui nous est tombé dessus mais il est grand temps que je m'y remette. Que mon esprit soit tourné vers autre chose.
Je me sèche rapidement pour fuir la pièce exiguë qui semble toujours ramener mes pensées vers le même point.
Je ne peux pas m'empêcher de grimacer quand je croise mon reflet dans le miroir et quand mes yeux s'attardent sur ce qu'on ne peut pas manquer.
Répugnant.
J'enfile ma chemise sans passer plus de temps à la vue de ça et fait de même avec mes sous-vêtements et un pantalon, puis ma montre rejoint mon poignet. Je passe une main hâtive dans mes cheveux, je n'ai aucune intention de les dompter ou de les rendre particulièrement présentables.
Ma chemise n'est pas boutonnée jusqu'en haut, déjà que je fais l'effort d'en mettre une.
Je sors de là, à la recherche d'air frais et de distance.
Oui, surtout de la distance.
Je dévale les marches et remarque Rose assise sur le canapé, une couverture sur les jambes à regarder je ne sais quelle émission à la télé. Elle est l'une des raisons pour lesquelles je me suis abstenu de quitter la maison ces derniers temps. Je ne pouvais pas la laisser seule, bien qu'elle me giflerait de penser ça, je redoutais l'emprise que la solitude aurait pu avoir sur elle.
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DÉSERTEURS
RomansAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
