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C H A P I T R E
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ARRÊTER
-Rose-
— Ne t'endors pas, on est arrivés.
Sa voix grave me tire du sommeil qui engourdit mes sens. J'ouvre un œil et je remarque avec agacement que la voiture est, en effet, garée devant nous. Elle émet un clic et les phares clignotent deux fois, signe que les portes sont déverrouillées.
— Accroche-toi.
J'ai l'impression de recevoir les informations au ralenti, comme si je les entendais et que mon cerveau les traduisait avec une latence imbécile. Tout en moi aspire à un sommeil profond. Peut-être le contre coup de l'adrénaline. A moins que ce soit celui de l'alcool. Peu importe ce à quoi c'est dû, j'ai l'impression qu'une force transcendante appuie sur mes paupières pour me les fermer de force.
Sans poser de question, j'obéis et passe mes bras autour de son coup en concentrant le peu de force qu'il me reste dans cette action. Une fois qu'il est sûr que je suis bien accrochée, il retire sa main de mon dos, pivote sur le côté, la pose sur la poignée de la portière et l'ouvre en un geste. Toujours dans cet élan d'agilité, il se baisse et me dépose sur le siège passager.
Alors que je m'attends à ce qu'il referme la porte derrière moi et se glisse devant le volant, il n'en fait rien puisqu'au contraire il s'accroupi devant moi.
J'ouvre des yeux ronds comme des soucoupes qu'il ne remarque pas puisqu'il est concentré sur mon pied. Ou plus exactement sur ma cheville.
Son regard scrute avec attention mon articulation comme s'il pouvait y déceler le secret qu'elle renferme. Puis il finit par tendre ses mains vers elle et palpe doucement l'endroit, ce qui fait naître une douleur immédiate en moi.
Je me raidis mais me garde de tout commentaire.
Il l'a fait bouger tout doucement en observant mes réactions. Quand il remarque que mes mâchoires sont si serrées qu'elles pourraient briser mes dents, il demande soucieux :
— Ça te fait très mal ?
— Je vais survivre. Je réponds en haussant les épaules dans un geste qui se voulait plus rassurant qu'il n'y parut.
Si la douleur était contenue tout à l'heure par la chaleur des mouvements, elle s'est désormais nettement amplifiée à force de ne pas l'avoir bougé. Les tendons, les muscles, l'articulation s'est entièrement refroidie et la souffrance qui explose sourde à mon cerveau est d'un tout autre ordre.
Je me demande même si je suis capable ne serait-ce que de la poser au sol.
Arrête un peu, t'as vécu bien pire qu'une cheville foulée.
C'est vrai mais ça fait quand même un mal de chien.
— Ce n'est pas ce que je t'ai demandé.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
