Chapitre 75 - Vérités

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C H A P I T R E
75

VÉRITÉS































































-Aron-





La porte s'ouvre et son rire remplit la pièce. Ça me tire immédiatement du tourbillon de ronchonnement dans lequel je me suis enfermé depuis le début de journée. Cependant, je ne sais pas si ça me fait du bien ou si, au contraire, j'ai encore plus envie d'exploser quelque chose. Anderson vient d'arriver, accompagnée du gamin qu'on lui a collé entre les pattes. Ils reviennent d'une longue réunion qui concernait l'organisation de l'attaque contre Caronti.

— Apporte-moi le détail de ce qu'on a vu dans la semaine. J'en ai besoin pour organiser deux scénarios. Demande-t-elle.

— Bien. Ce sera fait.

Je n'ai aucune idée de quoi il est question mais j'apprécie la distance professionnelle qu'elle met entre elle et lui. J'ai les nerfs à vif après avoir passé des heures à essayer de comprendre par où Caronti fait passer ses hommes pour qu'ils traquent chacun de mes faits et gestes. Et surtout s'il y en a parmi mes hommes. Et pour ne rien arranger, le peu qu'on en a attrapé ne disent pas un mot à propos de ça, même en l'échange de belles récompenses.

Pour répondre au morveux, Anderson hoche la tête. La conversation m'a tout l'air d'être terminée pourtant il reste planté là. Pourquoi est-ce qu'il reste planté là ? Ça a le don de m'énerver encore plus que je ne l'étais déjà. Cet avorton encombre mon entrée et la retient là alors qu'elle a mieux à faire.

Pourtant il ne flanche pas.

Il la fixe. Longtemps. Trop longtemps. Avec des yeux émerveillés comme s'il n'avait jamais vu une femme avant elle. Je me fais violence pour ne pas me lever et les lui arracher. De quel droit ose-t-il la dévisager comme il est en train de le faire ?

Mais je me retiens en posant mes mains sur mes genoux et je me demande si ce n'est pas Dieu qui veut m'apprendre la patience.

C'est une véritable épreuve.

— Encore une fois, merci infiniment pour tout ce que vous faites.

— Je te l'ai déjà dit, arrête de me remercier.

— Oui, excusez-moi.

— Et arrête de t'excuser aussi. S'agace-t-elle en portant deux doigts sur l'arrête de son nez.

Le gamin est mal à l'aise, il se balance d'un pied à l'autre comme s'il voulait prolonger la discussion mais ne savait pas quoi dire. Mon sang bouillonne dans mes veines et je ne vais pas tarder à le dégager moi même s'il ne se décide pas.


Qu'est-ce qu'il lui veut à la fin ?

Pourquoi est-ce qu'il ne dégage pas ? Ils n'ont plus rien à se dire, c'est pourtant clair.


Je prends une grande respiration, je suis peut-être trop impulsif. En tout cas, c'est ce que ma tension et mes muscles bandés me crient.

— Tu as autre chose à me dire ? Demande-t-elle en adoucissant sa voix.

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