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C H A P I T R E
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TABLE RONDE
-Aron-
Une médaille. Je mérite une putain de médaille pour avoir réussi à me contrôler l'autre soir quand elle a posé les mains sur moi, que nos souffles se sont mêlés, que son parfum a envahi l'air et que...
Putain je vais devenir fou.
De toutes les menaces qui planent au-dessus de ma tête, celle-ci est de loin la plus dangereuse.
Et moi je dois faire comme si je ne perdais pas la tête à chaque fois que mon cœur s'égare à la contempler.
Mais quand je la retrouve, toujours comme ça, brisée en millier de morceaux qu'elle s'efforce de faire tenir ensemble dans un faux-semblant grotesque, je ne peux juste pas. Je ne peux pas faire comme si je ne le voyais pas.
Aussi brave et courageuse soit-elle, elle est blessée. Et ce n'est pas le genre de plaie que la médecine peut guérir. J'en sais quelque chose.
Pourtant, quand son dos avance devant mes yeux, se dirigeant au fond de ce restaurant, c'est à s'y méprendre.
Si seulement je pouvais entrer dans ta tête...
La main d'Arthur se pose sur mon épaule et me tire de mes réflexions. Il s'approche de moi et chuchote discrètement à mon oreille.
— Tout va bien ?
— Oui. J'avais juste la tête ailleurs.
Il grimace et ralentit le pas, Eden nous évite et continue comme si de rien n'était.
— Loin de moi l'idée de te faire la morale, mais ce n'est pas le moment d'avoir la tête ailleurs.
— Je sais.
— Tu te souviens du plan ?
Mes yeux se posent instinctivement sur Anderson. Impossible de l'oublier puisqu'il s'agit de la jeter dans la gueule du loup.
— Oui. Je soupire presque sarcastiquement.
— Bien.
Sa main quitte mon épaule et m'adresse trois tapes dans le dos.
— Allez. Défend ton camp et laisse-la se débrouiller.
C'est plutôt bien résumé...
Parce que le « plan » ne tient en effet qu'à cela. Eden, Arthur et moi, avons établi notre ligne directrice : nous servons les intérêts de la Russie, comme nous l'avons toujours fait. Si le petit club select de Venturini peut nous offrir un véritable avantage dans la bataille, alors nous commencerons les négociations. Dans le cas contraire, nous n'avons rien à faire avec eux.
Du même coup, nous nous sommes mis d'accord, Rose fera ce qui lui chante. La Russie est entièrement désolidarisée d'elle. Ce sont des déclarations officielles et jamais le pays n'a eu à collaborer avec des organismes privés, ou des individus, alors elle ne sera pas un cas à part.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
