Chapitre 58 - Mauvaise Idée ?

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C H A P I T R E
58

MAUVAISE IDEE ?





























































-Rose-





Je sors de cette pièce étouffante dès que j'entends la porte d'entrée se refermer en bas. Il faut que je marche sinon je vais m'écrouler, et loin de moi l'idée d'être ramassée encore une fois par Aron. J'ai beau être tiraillée de tous les côtés par le chagrin et le manque comme si on m'avait arraché l'âme, je déteste cette faiblesse dont je n'ai eu de cesse de me revêtir.

Et si nous sommes vraiment à la veille d'une guerre, je ne peux plus me permettre d'être ce corps errant sans aucune volonté.

Je ne pourrai pas le venger comme ça.

J'emprunte les escaliers et j'aperçois la silhouette de Palmer de dos, toujours devant l'entrée comme si la porte était encore ouverte.

Tu te sens bien ? Demandé-je, en atteignant le sol.

A l'entente de ces mots, il se décale et se tourne vers moi, en arborant un sourire ironique. Ses yeux percutent les miens plus qu'ils ne les rencontrent, tant ce que j'y vois est glaçant. C'est un mélange de haine contenue et de vengeance promise.

De toute évidence, il n'a pas apprécié la visite de Venturini.

C'est à moi de te demander ça, tu ne crois pas ?

Je hausse les épaules, désinvolte, pour toutes réponses.

Tu ne bosseras pas avec eux. Tranche-t-il soudain, si catégoriquement que je retiens de justesse un haussement de sourcil surpris.

Je vous laisse seul deux minutes et ça suffit pour que vous partiez en démonstration de force masculine ?

Cet enfoiré ne mérite même pas que tu perdes ton temps à lui parler.

Et tu le sais parce que...

Il ne compte pas te protéger. Tu n'es qu'une pièce dans son jeu.

Ça tombe bien, je n'ai pas besoin de protection.

Je vois les muscles de sa mâchoire se contracter, signe qu'il sert les dents pour ne pas répliquer quelque chose de stupide.

J'ai bien compris que derrière ses compliments mielleux et sa posture de chien battu se trouve un homme qui est prêt à tout pour atteindre ses objectifs. Et pour le moment, je lui suis essentielle.

Pour le moment, répète-t-il d'une voix basse, presque accusatrice. Et ne le qualifie pas d'homme, c'est trop de prestige pour lui.

Cette fois-ci je lève les yeux au ciel sans m'en cacher.

L'égo masculin dans toute sa splendeur...

Quand t'auras fini de faire la pleureuse parce qu'il te tient tête tu pourras peut-être m'aider à réfléchir.

Je ne fais pas la pleureuse. Contre-t-il sans broncher mais j'ai pourtant l'impression de percevoir une nuance amusée dans sa voix.

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