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C H A P I T R E
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INTRU
-Rose-
Les heures s'égrènent et je ne trouve pas le sommeil. Il m'est impossible de fermer les paupières sans que des flashs incessants ne s'incrustent dessous. J'aurais aimé pouvoir me reposer, dormir un peu, même si c'est pour cauchemarder. Il faut dire qu'avec la pression de ces derniers jours, je ne suis pas très clémente avec mon corps. Il me le fait bien comprendre.
Si la fatigue est une habitude que j'ai prise, l'hypertension, les vertiges et la paranoïa le sont moins. Je sens bien quand je frôle les limites du raisonnable et que ma conscience s'effrite jusqu'à ne devenir que folie. Pourtant, je n'arrive pas à faire autrement. Le sommeil ressemble à un inaccessible paradis et la nourriture se transforme en démon à trois têtes dès que je la regarde d'un peu trop près.
Malgré ma condition qui se détériore, les deux dames de mes pensées sont la vengeance et la stratégie. Elles prennent toute la place et me courtisent comme la plus riche des prétendantes au trône. Comme si leur présence incessante allait leur donner l'occasion de diriger.
Il y a tellement de problèmes et si peu de solutions...
Mais la perspective de couper définitivement le lien intangible entre moi et mon passé me réjouit plus qu'elle ne m'effraie.
A force de déambuler dans le salon, j'ai fini par avoir mal aux pieds et la bouche complètement desséchée, pourtant mon cerveau continue de croire que marcher me donnera une illumination soudaine qui réglerait, du même coup, toutes mes fausses routes, et la faim dans le monde, tant qu'on y est...
Je me dirige vers la cuisine et me sers un verre d'eau pour remédier à ce que je suis capable de contrôler. Je vais pour m'asseoir sur un tabouret près de l'îlot central quand la porte se déverrouille. Je retiens un sursaut tandis que je vois se dégager la poignée qui s'abaisse. J'hésite à détourner le regard parce que je sais déjà que c'est Aron qui rentre mais quelque chose me dit de continuer à fixer l'endroit.
Ce n'est pas sa manière d'ouvrir les portes.
Non, puisque c'est lent, trop lent. Comme quelqu'un qui ne connaît pas les lieux, comme quelqu'un ne veut pas se faire remarquer.
Ou est-ce que c'est mon esprit qui me joue des tours ?
En moins d'un battement de cœur, je prends le premier couteau de cuisine qui passe sous ma main.
Je fais en sorte de disparaître derrière le plan de travail.
Je calme ma respiration.
Je me cache.
Je me fais le plus discrète possible.
Prête à bondir.
Je ne sais pas qui vient de rentrer ici, mais je ne le laisserai pas repartir.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
