-Aron-
— Nous sommes désolés, mais nous devons ralentir les moteurs à cause des mauvaises conditions météo, nous devrions atterrir un peu plus tard que prévu.
— Combien de temps de retard au juste ? Demandais-je agacé au membre du personnel de bord. Il semble mal à l'aise de me répondre, comme s'il avait supplié silencieusement que je ne pose pas la question pour ne pas avoir à me donner cette information.
— Selon le pilote, deux heures, monsieur.
Je jure dans ma barbe, cela fait déjà sept heures trente qu'on est dans ce jet de malheur, maintenant il va falloir en passer deux de plus.
Génial.
Merci Arthur pour tes idées de génie.
Je lui jette un coup d'œil et il n'a absolument pas l'air dérangé par cette nouvelle, il continue de scruter le ciel à travers le hublot, comme s'il pouvait apercevoir quelque chose de plus que cette mer noire constituée de nuage. A vrai dire, je me demande même si ce n'est pas lui qu'il regarde à cause de la réflexion de la lumière intérieure sur la vitre.
Nous sommes partis vers vingt trois heures dans l'objectif d'arriver tôt ce matin. Bien sûr, c'était sans compter les intempéries. J'ai toujours la poisse sur ce genre de truc. Je n'arrive jamais à avoir un trajet où tout se passe comme prévu et où on respecte les horaires.
Je soupire de lassitude, moi qui comptait essayer de dormir... C'est peine perdue. Entre le bruit des moteurs, le vent qui souffle contre l'appareil et le mobilier intérieur qui ne cesse de s'entrechoquer à cause des turbulences, le sommeil ne viendra pas cette nuit.
Pour passer le temps, autant anticiper ce qu'on va faire une fois arrivé. C'est pourquoi j'appelle Arthur à revenir à lui et à sortir de ses pensées, englouti par la noirceur du ciel.
— Comment on s'organise pour demain ? Lançais-je sans trop croire à mon intervention.
— On va rencontrer Huy Duong, il nous déblatère deux ou trois conneries sur son frère et on avise.
— J'aime ton sens du détail et de la prévision, ironisais-je.
Il hausse les épaules, pas particulièrement touché par ce que je viens de dire.
— Il n'y a rien d'autre à détailler ou à anticiper. Anticiper quoi ? Ce qu'il va nous dire ?
— Oui par exemple. Appuyais-je stupéfait par sa nonchalance et son manque cruel de bon sens. On ne va pas y aller les mains dans les poches et attendre que tout nous tombe dessus.
— Et pourquoi pas ? On ne sait pas à quoi s'attendre de toute façon. Spéculer sur des milliers de scénarios qui n'arriveront pas ou un seul entre tous, si on a de la chance, je ne vois pas l'intérêt.
Je me masse l'arrête du nez avec mon pouce et mon index pour tenter de calmer le mal de crâne qui ne va pas tarder à apparaître s'il continue à dire des conneries pareilles.
On ne lui a donc rien appris ?
— T'as fini ? J'ai l'impression d'avoir un gamin devant moi.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
