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C H A P I T R E
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ARRET DE MORT
-Aron-
« Tu as les yeux de quelqu'un qui s'apprête à faire le grand voyage »
Et j'ai le cœur de celui qui ne s'en remettra pas.
Voilà la dernière chose à laquelle j'ai pensé en m'endormant hier soir et la première qui me vient à l'esprit en me réveillant, une main bien accrochée sur le pendentif de ma mère. Pendentif que je n'avais pas quand la fièvre a décidé de s'occuper de moi.
Je me souviens par flash de notre conversation, quelques phrases étourdies, sans avant ni après, et de cette inquiétude perçant ses yeux.
Ah, Anderson... Qu'est-ce que tu fais de moi ?
Bien qu'elle n'en n'ait aucune idée. Aucune idée de cet effet qu'elle a. Aucune idée de cet effet qu'elle a sur moi. Comme le plus terrible des enchantements et la plus douce des malédictions. Même quand je l'observe s'énerver contre elle-même et contre ces plans qu'elle maudit de ne pas s'ouvrir comme elle le voudrait. Elle se débat sur le sol pour en étaler de nouveau, les faisant chevaucher d'autres, et le temps qu'elle attrape de quoi maintenir un coin en place, le papier s'est déjà enroulé sur lui-même.
Je ne peux pas m'empêcher de rire face à ce petit bout de femme qui mène la plus ridicule des batailles mais qui n'en reste pas moins éreintante.
Elle se tourne vers moi, s'apercevant de ma présence pour la première fois depuis que je suis dans l'embrasure de la porte.
— Ah, ça t'amuse, Palmer ? Viens donc m'aider pour la peine.
J'obtempère parce que je sais que je n'y échapperai pas et un peu parce que l'aider apaise quelque chose en moi que je ne sais pas nommer.
Je bataille pathétiquement jusqu'au fond de la pièce, là où je dépose la canne qui m'encombre avant de la rejoindre au milieu des centaines d'idées qu'elle a éparpillées. Elle scrute mes mouvements avec minutie avant de demander en faisant référence à hier :
— Ça va mieux ?
— Oui. Matveï a dit que je survivrai... Et il m'a collé des antibiotiques contre l'infection.
— C'est bien comme ça.
Ses yeux retournent à un plan qu'elle s'efforce de dérouler, mais voyant qu'elle n'y arrivera pas, je fléchis les genoux et pose une main sur le côté du rouleau.
Elle ne relève pas le regard sur moi, s'obstinant à rester sur ce bout de papier. Mais je décèle son trouble. Et la chair de poule qui court sur ses bras.
Elle est à la fois illisible et terriblement instinctive. Un étrange mystère que je peine à résoudre.
— Je peux ? Questionné-je voyant qu'elle n'en fait rien.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
