Chapitre 70 - Chéri(e)

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C H A P I T R E
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CHÉRI(E)

































































-Rose-





Ça fait déjà une dizaine de minutes que les râles de Palmer remplissent l'espace de la pièce. Matveï est, comme promis, revenu vérifier le bon rétablissement des plaies, comme il le fait depuis plusieurs jours, déjà. Les points ayant fait leur travail, il est en train de retirer ceux de son bras. Aron ne cache pas son plaisir à pouvoir se libérer de son écharpe bien qu'il doive continuer à s'encombrer de la béquille.

— Je t'ai connu plus courageux que ça. Déplore Matveï, agacé qu'il bouge pour la centième fois de la consultation.

— Ce n'est pas comme si t'essayais d'être particulièrement délicat.

Sa voix sort raides entre ses dents serrées.

— Je suis toujours délicat.

— Mon bras n'est pas de cet avis.

— Tu diras à ton bras d'arrêter de faire la chochotte.

Je ne peux pas m'empêcher de pouffer dans mon coin. Je n'aurais jamais soupçonné le médecin d'avoir autant de répartie. Il est toujours tellement appliqué et impartial dans son travail que le voir si spontané avec Palmer me fait l'effet de découvrir une nouvelle personne.

Les yeux du patient se posent sur moi quand le rire s'échappe de ma bouche et je le vois se fendre d'un sourire qui n'augure rien de bon.

— Oh tu trouves ça drôle, Anderson ?

— J'aurais dit divertissant.

— A ta place je ne dormirais pas tranquille. Ça va me divertir de t'étouffer avec ton oreiller. Grommelle-t-il.

— C'est une menace ?

La provocation roule sur ma langue comme un bonbon acidulé.

— C'est une promesse.

— Je ne crains pas grand-chose dans ce cas.

— Tu ne devrais pas prendre ça à la légère. C'est peut-être plus imminent que tu ne le crois.

Je lève les yeux au ciel mais mon instinct retient un élément dans son ton me dit qu'il n'a pas tout à fait menti. Il y a quelque chose dont je n'ai pas connaissance pour qu'il tienne ce genre de discours avec cette facilité.

Je n'ai pas le temps de lui faire ravaler sa langue puisqu'un râle étouffé trouve laborieusement le chemin pour devenir audible. J'agrandis mon sourire et hausse les sourcils l'air de dire "en es-tu bien sûr ?" Il me gratifie d'un regard noir dont je me délecte et il reporte son attention sur le médecin pour se plaindre de sa brutalité à nouveau.

Les prochaines minutes s'écoulent ainsi, les deux hommes se chamaillent avant que Matveï annonce la fin de sa souffrance.

Au milieu de la tonne des informations médicales, j'entends une phrase qui retient toute mon attention.

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