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C H A P I T R E
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MENACE(S)
-Aron-
Ça fait déjà une dizaine de minutes maintenant que nous sommes dans mon bureau. Rose est assise sur mon fauteuil, à ma place, tandis qu'elle fait face à Venturini de l'autre côté de la table en bois. Pour ma part, je suis accoudé contre le cadre de la porte, pour être certain que l'Italien ne nous la mette pas à l'envers, et puis comme ça je peux assister à cette réunion sans que ma présence ne soit trop dérangeante. Après tout, Rose me voit mais pas notre invité, il aura vite fait dans un de ces moments d'euphorie de m'oublier et se tirer une balle dans le pied.
Je t'écoute Venturini, avec la plus grande attention.
— Comme je vous l'ai dit, notre but unique est de stopper la corruption au sein de l'empire italien.
— Et comment comptez-vous vous y prendre ?
Rose est calme, peut-être un peu trop, comme si elle abritait une tempête qui n'allait pas tarder à exploser.
Elle le regarde dans les yeux, ne le lâche pas une seconde, elle se tient droite, impérieuse, il faut avouer que, même de là où je me trouve je suis touché par ce qu'elle dégage.
— C'est à vous de me le dire, Madame Anderson. Si je suis venu vous trouver, c'est qu'il y a une raison, vous êtes la seule capable d'accomplir cette tâche.
Je lève les yeux au ciel, ce baratin m'ennuie.
— Donc non seulement vous venez jusqu'ici pour polluer mon air, mais en plus de ça je dois faire tout le sale boulot ? Crache-t-elle, amer.
— Vous ne serez pas seule. J'ai déjà réuni tous ceux dont nous aurons besoin durant l'attaque. Il faut que vous compreniez que ce n'est pas une bataille que vous allez mener, mais une véritable guerre. Et qu'à l'issue de celle-ci, il y aura soit le triomphe d'une aube première, soit le voile sombre de l'asservissement partout en Europe et au-delà. Il ne s'agit plus uniquement de vous.
Cette manière qu'il a de tout faire reposer sur elle m'échauffe les nerfs.
Pour qui se prend-il au juste ?
— Je trouve ça amusant cette façon que vous avez de tout prendre très au sérieux alors même que vous tuez arbitrairement.
Venturini se retourne vers moi, visiblement irrité à en juger par l'expression de ses sourcils.
— Qu'est-ce que vous dites ?
— Ne jouez pas à ce jeu avec moi, je n'ai pas la même patience que Rose, vous savez très bien ce que je sous-entends.
— Nous ne tuons pas arbitrairement. Nous le faisons uniquement quand c'est nécessaire.
— Assassiner des innocents c'est une nécessité chez vous ? Drôle de pratique.
Je le vois se crisper sur sa chaise ce qui m'arrache un sourire intérieur. Je me délecte de cette situation.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
