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C H A P I T R E
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M'ACCORDERIEZ-VOUS CETTE DANSE ?
-Rose-
Si je n'étais pas, actuellement, pétrifiée par tous les regards qui se posent sur moi, je songerais certainement à lui broyer les doigts. Il aurait au moins pu me mettre au parfum. Mes yeux balaient la foule des invités passant sur des expressions à la fois émerveillées et inquiètes. Il ne fait aucun doute que sa réputation le devance, alors dans une sphère comme celle-ci, le nom d'Aron Palmer, affole autant qu'il réjouit. Certains y voient déjà des parts d'action à acheter, et d'autres un marché rongé par la délinquance.
Moi, tout ce que je vois, c'est l'enfoiré à côté de moi qui ose porter nos doigts entrelacés à sa bouche pour déposer un baiser dessus.
Si seulement mes yeux pouvaient l'assassiner.
Il profite quelques instants des applaudissements et du moment d'acclamation qui lui est dédié avant de se racler la gorge pour prendre la parole.
Sa nonchalance atteint les sommets de l'insolence, une main dans la mienne et l'autre dans la poche de son pantalon de costume sophistiqué, il n'a pas l'air plus concerné par cet évènement que par la kermesse de l'école en bas de la rue.
Je n'ose même pas imaginer à combien d'hommes d'affaires il a retiré le contrat qu'ils négociaient depuis des années.
— Je vous remercie pour votre accueil chaleureux. Je suis certain qu'avec mon nouvel associé nous ferons de grandes choses.
Il ne prononce pas un mot de plus, comme si sa présence était déjà largement suffisante. Puis il se tourne vers moi :
— Veux-tu rajouter quelque chose, chérie ?
J'ouvre grand les yeux. Décidément, il a choisi de s'attirer toutes mes foudres. Je décline d'un signe de tête pour rester polie publiquement.
— Je vous en prie Madame Palmer, dites un mot. Insiste notre hôte.
Je tique sur le nom qu'on m'associe « Madame Palmer ». Je n'ai jamais rien entendu qui me va aussi mal. Mais je n'ai pas le temps de grimacer à cette idée, puisque je suis visiblement obligée d'aligner deux syllabes pour faire plaisir à ces messieurs.
On va rester sobre.
— Je suis-
— Tiens, resserre-moi un verre. Articule durement l'homme à côté de mon prétendu mari.
Il ne s'est pas gêné, il a parlé fort, avec une voix qui porte plus que la mienne. Il ne regarde même pas dans ma direction, son visage est dirigé vers ce que je suppose être sa compagne, mal à l'aise car, à présent, c'est eux que tout le monde regarde.
Palmer plie la nuque pour diriger sa tête vers le ciel, il soupire profondément, et en un clignement d'œil le couteau en argent à la droite de son assiette se retrouve fiché dans la main de celui qui m'a coupé la parole.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
