43 - Pile ou face

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-Quelques jours plus tard-



-Aron-


Je viens de recevoir un appel d'Eden qui me somme très brutalement d'aller voir Rose.

J'ai envie de faire tout le contraire, juste parce qu'elle me l'a ordonné.

J'étais déjà de mauvaise humeur mais ce coup de fil a largement empiré la situation. Qu'est-ce que j'en ai à foutre, moi, si elle a décidé d'arrêter de bouffer. C'est pas mon corps et donc pas mon problème. Il faut qu'elle apprenne à m'obéir. J'ai, désormais, bien plus de pouvoir sur sa vie qu'elle n'en a jamais eu.

Et j'adore cette idée.

Je peux en faire ce que je veux.

Mon téléphone sonne à nouveau et je soupire en voyant le nom qui s'affiche : 






Eden.






Encore.

— Qu'est-ce que tu me veux cette fois ?

— La même chose qu'il y a dix minutes. Balance-t-elle excédée.

— Je ne compte pas y aller. Quand elle aura décidé d'arrêter ses gamineries, là, j'y réfléchirai, peut-être.

— Et donc quoi ? T'attends qu'elle arrête d'elle-même ?

— C'est ça. Dis-je sans cacher mon agacement.

Cette conversation est stérile, mon avis est déjà arrêté. Je n'ai rien à faire là-bas. Ni même en face d'elle. Je ne me battrai pas. Ou du moins pas de cette manière. Elle finira par céder d'elle-même, et c'est à ce moment précis que je m'y rendrai. Il faut juste être patient. Et je l'aurai dans le creux de ma main. Misérable comme il le faut. Je n'aurais plus qu'à refermer les doigts, et alors ce que Rose Anderson représentait, mourra, dans l'unique but de laisser place à ce que je veux faire d'elle.

— T'as l'air d'avoir du mal à saisir donc laisse-moi t'expliquer : tu joues à qui cédera en premier mais je te donne le résultat d'avance, ce sera toi. Et tu sais comment je peux le savoir ? Cette fille n'a plus rien à perdre-

— C'est bien ça qui m'intéresse. La coupais-je en faisant abstraction de son blabla moralisateur auquel j'ai droit depuis plus d'une semaine maintenant.

— C'est bien ça ton problème. Je ne sais pas dans quel monde tu vis, mais je peux te dire que cette fille- ne t'obéira jamais. Elle préfère même en crever.

— Comme si j'allais la laisser mourir. Non. J'ai mieux pour elle. Elle peut faire bien plus que ça.

— Mais elle ne te laissera pas le choix. Comment comptes-tu la forcer à vivre pour toi ?

— Tu l'as dit toi même, elle n'a plus rien à perdre, on lui a tout retiré, elle n'a aucun contrôle sur sa vie et aucune raison de se battre. Elle se laissera faire bien plus facilement que tu ne le crois. Il n'y a pas de cause pour laquelle elle peut se rebeller.

— J'ai hâte qu'elle te fasse bouffer ta langue. Single-t-elle avant de raccrocher.

Je passe une main dans mes cheveux, range mon téléphone dans ma poche, en espérant ne plus recevoir de coup de téléphone aussi puéril, et me dirige dans mon bureau. Une fois installé devant, je cherche du regard un dossier, un papier, n'importe quoi qui pourrait m'occuper. J'ouvre les tiroirs, fouille, je ne sais même pas ce que j'espère trouver. Je sais pertinemment qu'il n'y a rien. J'ai abattu tellement de travail ces derniers jours qu'il faut que j'attende que le temps passe pour avoir à gérer de nouveaux problèmes. Car il y a toujours des problèmes. Si j'ai correctement analysé et anticipé toutes les situations, je ne devrai rien avoir à gérer pour les six prochains mois. Mais comme la vie n'est jamais aussi belle, disons quatre mois, trois si j'ai vraiment oublié des choses importantes.

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