Chapitre 80 - Berlin

16 0 0
                                        


























































.





.






C H A P I T R E
80

BERLIN































































-Aron-





Je déteste cette perspective latente dans nous sommes plongés depuis quelques jours. J'ai passé tellement de temps à planifier des choses, à mener des opérations, qu'aujourd'hui, n'ayant la main sur quasiment rien, je ne manque pas de tourner en rond.

Bien sûr, je ne doute pas de la capacité d'Anderson à organiser tout ce bordel. Seulement, attendre, c'est ça qui me tue. Penser que chaque heure nous rapproche un peu plus du moment où tout va dégénérer, sans que je ne puisse rien y faire. Je dois simplement patienter comme si notre avenir n'était pas déjà scellé.

Les journées sont devenues silencieuses. Il n'y a plus cette impression de traque qui me poursuivait en Russie. Il n'y a plus de conflit au premier plan. Il n'y a plus d'urgence. La guerre s'est dématérialisée pour entrer dans une zone qui n'existe pas tout à fait, personne n'est au front, et pourtant tout le monde prépare l'offensive et la défense.

— T'entends quand on te parle ? S'insurge Eden en agitant une main devant mes yeux.

Je prends une seconde pour la regarder et baisse le regard vers mon café définitivement froid.

— Oui.

— Menteur. T'as pas écouté un seul instant ce qu'on te disait.

Je grimace et m'en vais jeter mon café dans l'évier de l'avion.


Qui pourrait boire ça ?


Je ne prends pas la peine de m'en refaire un, l'odeur m'a passé toute envie de caféine.

— Tu te fiches de moi ?

Je me retourne avec désinvolture, elle a l'air de plus en plus furieuse face à mon attitude. Je n'arrive pas à m'en attrister, c'est à peine cinq heures du matin, et je n'ai pas la force pour tenir une conversation de bout en bout.

Elle devra se passer de moi pour le moment.

Pourtant je prends quand même la peine de demander :

— Dis-moi.

— T'es pas croyable...

Je hausse un sourcil pour toute réponse. Défendre ma cause serait peine perdue, autant accepter les adjectifs qui vont sortir de sa bouche. Et, je sais par avance qu'aucun ne sera à mon avantage, mais je l'ai bien cherché.

— T'as fini de faire ton connard ?

— Laisse-moi une heure ou deux, et, oui, j'aurais terminé.

— D'ici deux heures, Rose nous aura emmené quelque part.

— De quoi tu parles ? Enquêté-je, soudain bien plus réveillé.

Elle lève les yeux au ciel à cause de mon changement d'attitude.

— Tu ne mérites même pas que je t'en parle. T'as de la chance qu'Arthur dorme encore.

DÉSERTEURSDes histoires addictives. Découvrez maintenant