Chapitre 79 - Une arme contre une idée

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C H A P I T R E
79

UNE ARME CONTRE UNE IDÉE































































-Rose-





— Où est-ce qu'on atterrit déjà ? Demande Arthur avant de descendre le masque de sommeil qu'il avait sur le front à ses yeux.

— Kiruna. Je répète pour la troisième fois, amusée.

— Ah.

Il glisse dans son siège pour déplier ses jambes le plus possible, il croise les bras sur sa poitrine et cale sa tête contre le mur, pas l'air plus concerné que cela. Sa nonchalance m'aide à me détendre un peu, je n'en montre rien mais le départ m'a plus secouée que prévu, je suis incapable de fermer l'œil et de penser à autre chose que le déroulé du plan.

— On n'aurait pas pu aller à Stockholm, comme tout le monde ? Râle Eden sans vraiment attendre de réponse, par ailleurs, elle ne décroche pas ses yeux de l'écran de son téléphone.

— C'était trop risqué. Réponds-je simplement.

Mes yeux scannent sans grande conviction l'intérieur du jet privé, c'est luxueux, les lumières sont pour la plupart éteintes ne laissant allumer que les leds qui éclairent le couloir ainsi qu'une large bande au plafond. La pénombre est épaisse pourtant on distingue bien nos interlocuteurs.

Eden et Arthur sont assis l'un en face de l'autre tandis que, de l'autre côté du passage, je suis placée en face d'Aron. Il n'a pas dit un mot depuis le départ de la maison, ni de tout le trajet pour arriver à l'aéroport de son organisation, ni depuis qu'on a quitté le sol il y a quelques minutes. De temps à autre son téléphone sonne dans sa poche et il y répond par un message, mais il finit toujours par le remettre au fond de sa poche sans y accorder plus d'importance.

Quant à moi, je fixe, à travers le hublot, la terre, tous les massifs et les chaînes de montagne qui s'y dessinent. La plupart de ces hauteurs sont indéchiffrables à cause de la nuit et à l'occasion quelques villes ou villages constellent le paysage.

Je préfère me concentrer là-dessus plutôt que sur la suite des évènements. J'ai beau avoir profilé un plan depuis des semaines, avoir essayé d'envisager tous les imprévus possibles, l'erreur reste une éventualité. Au moins sur certains points.

Je triture mes lèvres en pensant à tout ce qu'il nous reste à accomplir et à si j'ai pris les bonnes décisions.


Atterrir à Kiruna puis Berlin est-ce suffisant ? Ne fallait-il pas rajouter une escale ou deux ?


Parce que, bien sûr, un avion comme celui-ci peut faire Moscou-Rome sans problème. Seulement, c'est bien trop présomptueux de penser qu'Enzo ne surveille pas, absolument, tous les vols qui viennent de l'étranger et qui atterrissent sur le territoire italien. Que ce soit dans les aérodromes particuliers ou les aéroports, il a dû poster des hommes partout.

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